La pauvreté, héréditaire?

6 03 2010

enfant pauvretéLe CRIOC (Organisation de consommateurs) publie un rapport sur le thème “Consommation, pouvoir d’achat et crise” (ici).

Quel rapport avec l’enfance?

Si vous regardez la p. 33, vous y voyez un graphique qui montre une des différences les plus importantes entre les différents groupes sociaux: 88% des parents du “groupe social inférieur” gardent eux-mêmes leurs enfants, contre 44% et 38% dans les autres groupes sociaux.

Très bien, les mères (ou les pères) s’occupent elles(eux)-mêmes  de leurs enfants. Mais peut-être, dans ce cas de figure, restent-elles souvent bien seules face à une charge qui doit leur sembler souvent bien lourde, avec peu de référent extérieur qui peut aider à se décentrer… Les petits enfants eux-mêmes retardent un peu le moment de socialisation où ils ont à se frotter au langage commun, au contexte imposé par d’autres, par une institution le plus souvent.

Dans les pages suivantes du rapport, on voit aussi que les “groupes sociaux inférieurs” consacrent beaucoup d’argent (surtout en regard de leur budget) aux achats consacrés aux enfants, l’objectif étant de lui donner tout ce dont il aurait  besoin, du moins dans l’imaginaire des parents, baignés dans la publicité omniprésente de notre société de consommation .

Comment généraliser dans la société l’idée que l’on n’EST pas par ce que l’on A? Comment conscientiser chacun à la place où il est dans la société, à sortir de la logique consumériste qui pousse sans cesse à céder à la pulsion, ce qui est l’antithèse de l’éducation?



Vacances à la montagne, vacances de santé?

27 02 2010

Le reportage date de 2009 mais il serait très étonnant qu’il soit totalement obsolète!


Vacances d’hiver, forfait alcool compris RTBF INFO

Qu’en pensez-vous?



Le chagrin des ogres

20 02 2010

Le chagrin des ogres est un spectacle qui commence à tourner dans toute la Belgique (et en peu ailleurs, entre autres en Avignon, voir ici, on peut aussi y voir deux extraits). Mais le propos ici ne nécessite pas d’avoir vu la pièce pour être compréhensible…

Regardez la présentation:


Le Chagrin des Ogres – Festival de Liège 2009
envoyé par InstantsProductions. – Films courts et animations.

L’auteur et les acteurs sont de jeunes adultes (entre 21 et 27 ans) qui parlent du passage de l’adolescence au monde adulte, qui se demandent: “comment chacun d’entre nous a-t-il renoncé aux rêves de l’enfance?

Les exemples qu’ils illustrent sont extrêmes (Bastien a commis une fusillade dans son école, Laetitia a tenté de se suicider) mais le propos est général, ils sont aussi partis de leurs souvenirs, de leurs notes d’adolescents: “ce sont des sons, des images de notre enfance. (…) J’ai 25 ans et c’est ma façon à moi d’enterrer mon enfance. Le spectacle parle de ça, ce sont des testaments d’enfance.

Plus loin: “Ce dont je me souviens de mes 17-18 ans peut résonner avec les 18 ans de mes parents, les 18 ans de mes grands-parents et les 18 ans des jeunes d’aujourd’hui“. Sans doute pas sous les mêmes formes, mais il est vrai que chacun de nous a cheminé vers l’âge adulte, même si la conscience de ce chemin n’était peut-être pas la même ou pas aussi aiguë. Et, dans ce sens, un enfant d’aujourd’hui a beaucoup de caractéristiques communes avec ce qu’a été son père, sa mère, ses grands-parents,… enfants.

Et puis enfin: “Nous sommes englués dans une situation qui nous agresse le cerveau. Il y a aussi une culpabilité occidentale liée à une incapacité de se révolter. Rien n’est concret. (…) Aujourd’hui, il ne s’agit pas pour moi de changer le monde, mais de transmettre la conscience à une certaine jeunesse que le monde a besoin d’être changé, c’est-à-dire plus concrètement de rendre évident que le capital et l’individu ne peuvent être les valeurs fondatrices d’un système viable.” (N.B. En italique, des citations de l’auteur Fabrice Murgia, extraite du programme)

Bref, si vous aves l’occasion , courez, même si ce n’est pas la détente légère dont on rêve parfois!



La police et les petits hommes

13 02 2010

Ce reportage d’Envoyé spécial (France 2) est très révélateur de l’ambiguïté actuelle du regard sur l’enfance. Regardez:

Police, délits mineurs [1/3]


Police, délits mineurs [2/3]


Police, délits mineurs [3/3]

Le regard sur l’enfance des gens comme vous et moi, d’abord:

“La plaignante” ne conçoit pas d’aller s’expliquer avec les parents de l’enfant présumé voleur de vélo mais qui dit qu’”un enfant de 6 ans sait ce qu’il fait”. Ou les parents  se rassurent en acceptant l’action de prévention contre la drogue, qui a tourné au contrôle musclé,…

Le regard sur l’enfance de la police, ensuite:

A la question de savoir si l’enfant emmené de l’école au poste de police est traité comme un adulte, le policier répond: “Non, un adulte aurait été menotté, un enfant pas”! Différence majeure, tout le monde en conviendra!

Il continue: “La victime nous demande de l’aide, on intervient.”. Le statut de victime (d’un vol de vélo) a beaucoup plus d’importance dans nos sociétés que le statut d’enfant, puisque celui-ci est un petit homme comme un autre…

Et puis l’injonction à régler les problèmes rapidement, efficacement prévaut sur les positions de principes (un enfant n’est pas un adulte).

Enfin, à l’heure où tout le monde se flatte de faire de la pédagogie: “une visite pédagogique du commissariat par un policier”…

Le reportage est rondement mené par la journaliste et les questions sont toujours justes.

Assez paradoxalement, l’acteur qui s’en tire avec le moins de demandes d’explication (ou qui s’en dérobe le mieux?), c’est l’école: mal ou pas informés de leurs droits et du droit des enfants, les chefs d’établissement s’en tirent avec des questions du style “ai-je le droit de m’opposer à l’embarquement de l’enfant par la police?”, alors que la règle de base du chef d’établissement lui dit que l’enfant reste sous sa responsabilité tant qu’il n’est pas sous celle de ses parents, sauf mandat judiciaire écrit.

Mais on n’apprend pas le droit à l’école, ni aux enfants, ni aux enseignants, ni même parfois aux directeurs , de manière théorique, ou sur des cas pratiques qui risquent bien de se présenter de plus en plus souvent. Alors, comment s’étonner?

P.S. La personne qui intervient avec le plus de bon sens dans l’affaire, c’est le père de Zoé (partie 2 vers la 5ème minute) qui décrit par le menu ce qu’aurait pu être un processus éducatif (déjà assez démonstratif!) autour des questions de drogues à l’école.



Lutter ou se battre?

6 02 2010

Regardez, tout y est: la difficulté à trouver un emploi pour les jeunes Français d’origine étrangère, la place des filles dans les banlieues, le lien avec le pays d’origine (à l’occasion du match Egypte-Algérie de la Coupe d’Afrique de football), les conditions de logement avec l’étonnante interview du propriétaire d’une ancienne clinique, reconvertie en logements et qui justifie ses prix prohibitifs par le faits qu’ils sont “toutes charges comprises”.

Notez au passage comment l’actualité peut être interprétée, selon le point de vue: le bus des Algériens caillassé au Caire est devenu un bus endommagé par les joueurs algériens eux-mêmes “avec les petits marteaux”!

Le JT de l’école du blog II

envoyé par Bondy_Blog. – L’actualité du moment en vidéo.

En classant ce post sous la rubrique “Une touche d’optimisme”, j’hésitais: d’une part, je pense que l’on peut voir ces “moments d’expression” comme des chemins vers l’émancipation et l’esprit critique de ces jeunes. D’autre part, ces tentatives, dévolues aux associations, me semblent souvent être un moyen pour l’Etat de se dédouaner à bon compte de toutes les négligences sociales et urbanistiques qu’il a permises dans les dernières décennies.

Une société qui a transformé ses “travailleurs qui luttent pour un monde meilleur” en “exclus qui se battent pour se faire une place au soleil” doit évoluer vers d’autres horizons.

P.S. Le même réalité, en moins “politiquement correct”. L’émotion, ça marche aussi comme vecteur de changements possibles et espérés!



Prison pour mineurs?

30 01 2010

enfant prisonLa semaine passée, je vous parlais de ces enfants en Angleterre qui avaient été condamnés à au moins 5 ans  d’emprisonnement après avoir torture deux autres enfants.

La question d’aujourd’hui porte sur l’emprisonnement de mineurs de moins de 16 ans.

Il faut “concilier sanction et éducation” comme il est dit dans l’article annonçant l’ouverture d’un établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM). Mais cette formulation montre déjà que le fondement de ces prisons est complètement faussé.

Pour le démontrer, prenons pour exemple une situation relatée dans un article du Nouvel Observateur, parlant du suicide d’un jeune détenu, Nabil. Extraits:

“Un «jeu» macabre que nul n’a su arrêter. La chronologie des faits est implacable.

Le mercredi 1er octobre, un mineur donne un coup de pied à un surveillant qui vient ouvrir sa cellule. Il est aussitôt envoyé au quartier disciplinaire, le QD. Le lendemain, à 21 h 15, il essaie de se pendre. Le psy ordonne de le remonter dans sa cellule. «Il est inapte au mais apte à la connerie», râlent les gardiens. Le samedi 4 octobre, un autre mineur tente d’étrangler un codétenu en salle d’activités. Direction le QD. Il y fait une tentative de suicide à 21 h 20. Psy. Retour en cellule. Les surveillants exigent tout de même une sanction : ils enlèvent le poste de télé installé dans sa cellule. Le détenu s’accroche à nouveau avec ses draps. Re-psy. On le met avec un autre jeune… qui, lui, a la télé.

(…) Le lundi sera pire. Ce 6 octobre, Nabil ne veut plus partager sa cellule avec Tristan (*). Il réclame Abdul (*), un ami d’enfance. Les gardiens tiennent bon : «Ce n’est pas à toi de choisir ton codétenu. Tu restes avec Tristan. Ou si tu ne t’entends pas avec lui, on te met seul. On ne peut pas faire plus.» Nabil opte pour la seconde solution. A quelle heure commence-t-il à confectionner une corde avec ses draps ? Quand un gardien ouvre sa cellule à 21 h 35, l’adolescent est mort.
21 h 15 et 21 h 20, pour les trois premières tentatives de suicide. Quinze minutes après pour Nabil. «Dans chacun des cas, la mise en scène est la même, note le rapport de l’Inspection générale. Les adolescents attendent l’arrivée des rondiers [les surveillants qui font leur tournée dans les couloirs], les pieds touchant le sol. Ils se lâchent, c’est-à-dire se laissent glisser par terre, quand les rondiers sont à proximité de leurs cellules. Dans un des cas, le noeud s’était même délié.» Les quatre mineurs avaient calé leurs pendaisons sur le rythme de rondes de nuit. Deux surveillants seulement pour l’ensemble de la prison (plus de 400 cellules, près de 500 détenus !), qui passent environ toutes les deux heures.
Pour raison de sécurité, ils n’ont pas les clés sur eux. En cas d’urgence, c’est un gradé qui vient ouvrir la porte. Le temps d’aller le chercher, de revenir : autant de minutes perdues… Les trois premiers mineurs ont été sauvés. Pas Nabil.”

On voit bien en quoi, ici, les jeunes utilisent les failles de l’institution pour déployer leur recherche des limites, propre à tout adolescent. La coexistence de gardiens de prisons et de psychologues, sans qu’un véritable travail d’équipe soit installé, rend le travail éducatif impossible parce que , justement, la base même de l’éducation, c’est la cohérence.

“Concilier sanction et éducation” ne veut rien dire : la sanction est un des aspects de l’éducation, totalement inclus dans l’éducation, et vouloir l’en sortir est un contresens. Qu’un parent tout seul n’en ait pas conscience, on peut le comprendre. Qu’un état entier érige cet aphorisme en institution, ne peut aboutir qu’à des situations aberrantes et catastrophiques comme celle décrite ci-dessus.

Le travail d’équipe et la cohésion (sans cesse à construire) qui en découlent sont les prérequis indispensables pour espérer pouvoir faire progresser les jeunes. Une équipe de ce genre doit être composée de personnes ayant une formation: l’éducation ne s’improvise pas et n’est pas qu’une question d’écoute, de bon sens et/ou d’autorité. Le simple cocktail entre ces éléments de base n’est pas si simple à doser, encore moins dans les cas difficiles comme ceux qui se présentent là.

N.B. Pour être très claire, il n’est pas question de minimiser des faits très graves commis par certains mineurs, ni de les laisser impunis. En Belgique, les mineurs sont placés en “centres fermés”, tout à fait séparés des prisons d’adultes, conçus comme institutions éducatives à 100%. Le système n’est pas sans faille: parfois, il n’y a de place dans aucun centre fermé et un jeune, ayant commis un fait grave est laissé dans sa famille jusqu’à nouvel ordre. Il existe aussi une possibilité (qui me semble moins contestable, du moins dans le principe car la multiplication de tels cas de figure est, elle, inquiétante) de renvoyer un jeune de plus de 16 ans devant une juridiction d’adulte si le juge estime que son cas ne relève plus de l’éducatif…

cadre



Enfants tortionnaires: pourquoi?

23 01 2010

pingouin violent“En avril dernier, deux frères âgés de 11 et 12 ans, issus d’une famille suivie par les services sociaux britanniques, avaient torturés deux autres enfants, âgés de 9 et 11 ans, à Edlington, un ancien village minier du Yorkshire. Ils les avaient laissés pour mort avant de s’enfuir. Ils avaient ensuite été arrêtés.

Neuf mois après les faits, qui avaient révulsé l’opinion publique, ils ont été jugés par le tribunal de Sheffield jeudi et vendredi. Lors de l’audience, les deux frères ont plaidé coupable de coups et blessures intentionnels, de vol et d’avoir poussé un enfant à réaliser un acte sexuel. Ils ont également reconnu des coups et blessures sur un autre garçon de 11 ans, une semaine avant l’attaque sur les deux autres enfants.

Le tribunal les a finalement condamnés à une peine de détention dans un établissement spécialisé, d’une durée illimitée, avec un minimum de cinq ans. “Le fait est qu’il s’agit d’une agression prolongée et d’une violence sadique sans autre motif pour vous que de prendre votre pied en les blessant et en les humiliant“, a expliqué le juge Brian Keith aux condamnés. “Le résultat des courses vous concernant est que je suis sûr que vous présentez un risque très élevé de faire beaucoup de mal à autrui“, a-t-il poursuivi, indiquant que ces actes pouvaient “s’apparenter à de la torture“.

Les avocats des frères ont expliqué devant le tribunal qu’ils avaient une “vie familiale toxique” où “les agressions, la violence et le chaos étaient la routine“. Depuis l’âge de 9 ans, ils avaient coutume de regarder des films  pornographiques et d’horreur extrêmement violents, fumaient du cannabis et une dizaine de cigarettes par jour et buvaient de l’alcool.” (source: ici)

La question à poser: comment est-il possible que des enfants de cet âge commettent ce genre de faits?

L’audition au Sénat français de Maurice Berger, dont il avait déjà été question ici, nous donne de sérieuses pistes, sans que nous ayons évidemment les moyens de savoir si elles s’appliquent à ces enfants-ci. L’audition dure 1h 18′ mais elle est passionnante d’un bout à l’autre. Si vous n’avez pas tout ce temps, regardez le premier quart d’heure, il y développe la thèse principale: l’exposition à des violences conjugales, en particulier quand celles-ci touchent la figure d’attachement principale (le plus souvent la mère), inscrit ces souvenirs dans le psychisme de l’enfant sous forme de cris, d’images, de sensations qui sont stockés dans une mémoire traumatique. A l’occasion de demandes éducatives simples, ou de contacts corporels, ces scènes ressortent comme une hallucination, reproduites “comme sur une carte routière”.

Ainsi, le Pr Berger estime à 14000 le nombre d’enfants en France souffrant de violence extrême, avec ou sans cruauté, dès avant l’âge de 3 ans! On peut imaginer ce que de tels enfants, non traités, deviennent à 10-11 ans! Le juge a-t-il vraiment raison de dire que ces enfants ont pu “prendre leur pied en les blessant et en les humiliant”?

Je suis persuadée qu’il s’agit là d’une interprétation “adultocentrée” des actes dont il est question ici. C’est à dessein que j’emploie le mot “souffrir” car ces enfants ont besoin de soins, parmi lesquels la contenance des adultes, Maurice Berger l’explique en détail dans son livre.

La souffrance des enfants est le symptôme du monde tel qu’il a été construit par les adultes; à eux de  l’assumer!

P.S. La semaine prochaine, j’aborderai la question de la détention des mineurs, vaste sujet en corrélation évidente avec ce qui précède…



La parole et le corps

16 01 2010

Une enseignante le dit: “Rien n’est fait dans les écoles au niveau des activités d’expression”. Puis s’ensuit un échange sur l’expression verbale et l’expression par le corps…

Il est évident que, ces dernières années, l’accent a été mis, du moins en Belgique, sur les aspects utilitaires de l’étude de la langue maternelle: écrire pour informer, parler pour convaincre,…

L’expression en tant que création (même modeste) permet cependant aux jeunes de verbaliser ce qu’ils ressentent, comment ils interagissent avec les autres,…

Dans le cas de conflits, il s’agit là de compétences extrêmement importantes: c’est parce qu’ils sont incapables de verbaliser que des jeunes en arrivent tout de suite aux mains.

Il est impressionnant de constater aujourd’hui à quel point le regard sur l’enfant et l’adolescent comme sujet à part entière, ne s’est pas accompagné d’une amélioration de sa capacité d’expression.

Tout simplement parce qu’il ne suffit pas de laisser un espace libre pour que l’expression naisse et s’enrichisse spontanément. L’entraînement, la pratique régulière sont seules capables de développer ce qui n’est en aucun cas inné mais bien culturellement acquis.

C’est encore plus vrai pour le corps, cet enveloppe à laquelle l’ado se sent si souvent étranger, par lequel il éprouve tant de sensations nouvelles. Alors, faire travailler l’expression par la parole et le corps à l’école, c’est tout bon!



“Chaque fois qu’un GSM sonne en classe, nous devons nous interroger…”

9 01 2010

GSM 2Titre d’un article dans les pages Education du journal belge “La Libre Belgique” (version complète ici). Tiens, que nous dit donc ce chercheur?

“Le GSM est pour les élèves une manière de passer le temps car ils s’ennuient en classe. (…) Chaque fois qu’un GSM sonnera dans une classe, il nous faudra repenser notre manière d’enseigner. (…) Quand les élèves s’impliquent dans leur apprentissage, le problème du GSM ne se pose plus: ils s’en détachent d’eux-mêmes. La tâche de l’élève doit être plus important à ses yeux que d’envoyer un SMS.”

Le genre d’assertion qui me fait bondir, c’est à se demander si ce monsieur a déjà eu l’occasion d’observer des groupes d’adolescents “in vivo”. Il est clair qu’à cet âge-là (et avec l’assentiment explicite de la société), le plus important se situe dans la construction d’une personnalité sociale et pas dans l’apprentissage. Pas pour tous, tout le temps. Mais souvent.

Envoyer ce genre de sommation à la réflexion, qui est en fait une injonction à la séduction, ne rend service à personne: les enseignants qui tracent envers et contre tout sans se préoccuper du sens de ce qu’ils enseignent, balaieront ce type de commentaire du revers de la main. Ceux qui se posent des questions seront dans le doute stérile permanent.

Oui, il est bien nécessaire qu’il y ait de moments où les élèves puissent se “retirer” du monde pour pouvoir se centrer sur des temps de pensée et d’apprentissage, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas aller chercher dans l’actualité, dans l’observation du milieu environnant (naturel et humain, les métiers par exemple) des sources de connaissances qui permettent de donner un certain sens à l’apprentissage.

Sans se mettre en compétition avec tous ces nouveaux médias qui sont tellement attirants que beaucoup d’adultes n’y résistent pas…

Remettons le GSM à sa juste place: un moyen de communiquer qui ne doit pas être permanent (planifier une journée, c’est important!) et dont chacun doit pouvoir rester indépendant (y compris les parents pour gérer leur angoisse de laisser les enfants revenir seul de l’école!)

Encore quelques années pour que tout cela devienne clair dans l’esprit de tout le monde et on n’en parlera plus!



“Ca sert à quoi d’être bombe A si c’est pas pour aller voir un mec, quoi?”

19 12 2009

Trouvé sur un site dédié aux ados, parmi autres actualités people et pubs en tous genre:


Les (pas) “smoky eyes” (ridés) des féministes des années 70 en pleureraient…

Remarquez que, pour arriver au résultat, il n’en faut pas moins de 11 produits différents, tous fabriqués par la même marque sponsorisant le site, évidemment!

Bonne fin d’année et rendez-vous le 9 janvier!