Obama à ses filles: “si vous vous faites tatouer, moi aussi”

Posted by Françoise Guillaume on Samedi avr 27, 2013 Under Adolescence
Obama à ses filles: si vous vous faites tatouer, moi aussi
(Belga) Le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé qu’il avait mis en garde ses filles quant à l’idée de se faire tatouer, leur promettant que dans ce cas il ferait de même, dans un entretien diffusé mercredi.
“Michelle (sa femme, NDLR) et moi avons eu recours à cette stratégie en matière de tatouages” avec leurs filles, Sasha, 11 ans, et Malia, 14 ans, a révélé M. Obama au micro de la télévision NBC. “Ce que nous avons dit aux filles, c’est que +si vous décidez de vous faire tatouer, alors papa et maman demanderont le même tatouage, au même endroit, et on ira sur YouTube pour montrer à tout le monde que c’était un tatouage familial+”, a ajouté M. Obama. “L’idée est que cela pourrait les dissuader de penser que c’est une bonne façon de se rebeller”, a conclu le président américain. (Belga)
L’idée ne me serait sans doutepas venue mais ne me semble pas mauvaise. Bien sûr, il y a moyen de dire “non, point-barre”. L’alternative choisie par le parents Obama semble en tout cas amener la réflexion des jeunes sur les notions de signes et de groupes d’appartenance ce qui, à l’adolescence, n’est jamais superflu!
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Wiki et contrat intergénérationnel

Posted by Françoise Guillaume on Samedi avr 6, 2013 Under Adolescence

Un nouveau wiki Wikizen est en train de se créer en Fédération Wallonie-Bruxelles sur le thème de l’Internet citoyen.

Il est beaucoup question aujourd’hui de la crise de la transmission, de la confusion des générations, etc, etc…intergén_wiki

Plutôt que de ce lamenter sur le ton engluant de la plainte, pourquoi ne pas s’investir dans des initiatives telles que ce wiki ? Quel est le lien ? Déployons le raisonnement en précisant que cet argumentaire est largement inspiré de Bernard Stiegler dont une approche est accessible dans la conférence « adolescence et obsolescence ou comment devenir adulte dans un monde jetable ? » ( à écouter jusqu’au bout pour comprendre le lien !)

Ce wiki peut en effet rentrer dans le tissage d’un nouveau contrat intergénérationnel qui s’imposera peut-être comme le mode de transmission à venir : les seniors (en football, on est senior à 21 ans ; dans les magazines, à partir de 50-55 ans) transmettent ce qu’ils ont la responsabilité de transmettre, sans a priori, ni complaisance ; les juniors apportent leurs connaissances et leur nouvelle manière de voir (en terme de réseau) en acceptant de prendre en compte ce que leur transmet la génération précédente.

Pourquoi penser qu’il faut en passer par des solutions aussi sophistiquées pour rétablir un lien intergénérationnel, parfois bien distendu ?

Le dernier demi-siècle a été l’occasion d’une mutation radicale du regard sur l’humain et sur l’enfant en particulier. Les adultes, considérés comme des individus libres, ne sentent plus où sont les limites de la légitimité à éduquer un enfant devenu sujet à part entière ; l’éducation implique une asymétrie qui n’est plus de mise dans nos sociétés actuelles.

Dans le même temps, la société consumériste ultra-libérale n’a pas encore trouvé de limite. Les techniques de marketing, chaque jour plus raffinées, s’emploient à faire exploser les différences entre générations, ramenant toujours l’identification à un adulte jeune, en forme et/ou fragmentant les cibles publicitaires véhiculant ainsi l’idée que chaque génération doit s’occuper d’elle-même et que tous s’en sentiront mieux !

Dans ce cadre général, la transmission intergénérationnelle est bien mise à mal : elle implique en effet le consentement d’une génération de recevoir le passé, accepté des générations précédentes, de le malaxer et le digérer à la sauce du présent pour le projeter dans l’avenir, à destination des générations futures. Or les seniors d’aujourd’hui sont précisément ceux qui ont crû pouvoir faire table rase du passé, en particulier autour de mai 68. Comment endosser l’habit de « celui qui sait » alors qu’on a pensé que jamais, on ne serait dépassé par les suivants, le mot d’ordre étant la liberté de dire, de penser, de dépenser,…. dans lequel toutes les générations se retrouveraient, égales en tout.

De plus, le premier support sur lequel s’est toujours fondé la relation intergénérationnelle est un support technique : l’artisan ébéniste initiait ses fils ou ses apprentis sur le bois, le professeur d’humanités conseillait (ou imposait) livres et documents. Que dire alors de la transmission entre génération quand le support technique majoritaire se fait doubler par une révolution technologique, comme l’est Internet ? Il faut vivre l’expérience de trouver comment débloquer un lave-vaisselle sur Internet alors que votre plombier (pourtant habituel) ne vous suggère aucune solution, pour comprendre que la transmission est définitivement chamboulée !

Ainsi, le flux existant depuis la nuit des temps d’une génération à l’autre doit être réinventé, d’où le concept de contrat intergénérationnel : les seniors prennent l’information, la traitent et la pensent à partir de leur expérience (dans tous les sens du terme), les juniors apportent les informations techniques qu’ils connaissent, proposent les manières de voir avec leur regard à eux ; les deux groupes échangent, se parlent et progressent ensemble (en n’oubliant pas que, dans la relation éducative stricto sensu, la décision revient à l’adulte).

Ce wiki n’est rien d’autre qu’une approche très pragmatique et partielle du contrat intergénérationnel mais il a le mérite d’exister et de commencer le drap qui sera à tisser sans fin.

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Parler sexualité ne veut pas dire entrer dans l’intimité!

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mar 30, 2013 Under Adolescence

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A table, dans un dîner entre amis avec leurs enfants adolescents: une mère, séparée du père, reçoit un coup de fil de sa nouvelle petite amie puis commente, devant son fils: “Elle m’a dit qu’elle avait hâte d’embrasser mon petit bouton! C’est pas mignon?”Non, ce n’est pas mignon de l’avis des autres convives qui détournent la conversation, gênés.

C’est le commentaire de BA au billet de la semaine dernière qui m’a rappelé cette anecdote et m’a fait prendre conscience qu’il pouvait y avoir une confusion entre parler de LA sexualité ou parler de SA sexualité. En d’autres mots que l’intime et le sexuel sont deux aspects bien différents d’une même réalité!

Mais alors qu’est-ce qu’une posture éducative dans les questions touchant à la sexualité?

Tenir sa place dans les générations est la seule manière d’assurer la transmission qui est la base de toute éducation. Les parents doivent tenir fermement leur position d’adulte pour permettre à l’enfant de trouver la sienne. Par exemple, des parents croient bon de regarder des films pornos avec leurs enfants, arguant qu’il vaut mieux qu’il en soit ainsi plutôt qu’ils le fassent en cachette. Même sans en arriver à des pratiques aussi extrêmes, les adultes ne trouvent pas toujours nécessaire de s’abstenir de manifestations sexualisées dans l’environnement familial alors que ce type de démonstration peut être  toxique : elle provoque une effraction inter-générationnelle dans l’intimité de chacun. Ainsi, la notion même d’intimité ne peut pas se construire alors qu’elle est particulièrement précieuse et délicate dans une société où la frontière entre public et privé est sans cesse malmenée.

Tant de flou amène la plus grande confusion dans la tête des adolescents déjà structurellement troublés par toutes les transformations qu’ils vivent.

Comment tenir une  place générationnelle éducative aujourd’hui, compte tenu de l’accès quasi inévitable des jeunes aux images pornographiques (par exemple) ? La petite séquence ici l’explique simplement et clairement. A chaque occasion, l’adulte doit  mettre des mots calmes sur tout ce qu’il en voit en présence de l’enfant (historique d’Internet, affiches,…).

Pour ramener ces images à leur juste place, parfois loin de la vie réelle.

Cette responsabilité incombe aux parents mais aussi à toute personne en contact éducatif avec les jeunes, qui d’ailleurs sont souvent bien plus aptes à différencier virtuel et réel, fiction et réalité, que ne le croient les adultes!

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Parler sexualité hier = parler sexualité aujourd’hui?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mar 23, 2013 Under Adolescence

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Sortant il y a peu d’une représentation de la pièce de Wedekind sus-nommée, j’en restai perplexe: tant de pièces classiques traversent les âges et gardent une forme d’intemporalité; et ici, tout semble désuet: le discours ampoulé et ambigu des parents, la non-communication entre jeunes, les non-relations entre parents et enfants. Tout date! Quel est donc l’intérêt de montrer cette oeuvre aujourd’hui encore?

Puis à la réflexion, il m’est apparu comme une évidence que la permanence était ailleurs.

On peut voir qu’en une cinquantaine d’année, les repères en terme d’éducation ET de sexualité ont littéralement muté : d’un enfant considéré comme pâte à modeler, on est passé à un enfant sujet à part entière dès sa naissance. De plus le poids des prescrits sociaux s’est fortement délité ou plutôt a changé de mode : d’une obligation à se conformer aux règles communes intangibles, on est passé au mot d’ordre « sois toi-même ». Dans le premier cas, le cadre était souvent étouffant mais contenant ; dans le deuxième, il n’y a plus de structure collective, à chacun de s’en construire une, s’il le peut !

Ces deux évolutions ont évidemment eu un effet majeur sur la manière dont on envisage  l’éducation. S’y est superposée, une nouvelle vision de la sexualité passant de tabou indissociablement lié à la procréation, à une obligation de bien-être indispensable à l’épanouissement, voire placée sous la bannière de la performance.

A première vue, quand on envisage le regard social sur la sexualité, on peut considérer qu’un gouffre sépare deux époques éloignées de moins d’un siècle : le tabou vs le tout-montrer,  le silence vs le tout-dire,  l’interdiction vs l’encouragement,  la répression vs le laisser-faire, les précautions vs, la gestion du risque.

En fait, ce qui semble totalement opposé forme une identité presque parfaite : en matière de sexualité, jamais les adultes ne se sont départis d’une quasi-impossibilité à quitter la projection de leurs fantasmes sur l’enfance et la jeunesse.

Ce qui a changé, ce n’est que le contenu du fantasme. Hier, les adultes projetaient les pires représentations : si on expliquait l’acte sexuel à une fille, elle allait se dévergonder ; si un garçon se masturbait, il deviendrait sourd, par exemple. Le tabou de la sexualité annihilait tout bon sens chez les adultes qui transmettaient ainsi implicitement un message aux enfants et aux adolescents, ceux-ci étant tiraillés entre leurs pulsions et le non-discours ambiant. Aujourd’hui, tous, y compris la plupart des experts sont englués dans le fantasme d’une sexualité omniprésente et sur le versant de tous les excès (il suffit de voir la littérature existant sur les dangers de la pornographie pour les adolescents, toute dans l’angoisse et la panique) avec des effets aussi pervers que les fantasmes d’hier car ils figent les enfants et adolescent dans le même tiraillement entre leur subjectivité et le discours ambiant.

Or toute posture éducative est impossible sans une prise de distance par rapport à son propre fantasme, ce qui n’était le cas ni hier, et ne l’est pas aujourd’hui. Ainsi donc, en termes éducatifs à propos de tout ce qui touche de près ou de loin à la sexualité, rien n’a vraiment changé depuis en siècle alors que tous les faits semblent dire le contraire. Le sentiment de sidération de tous les adultes (et, en miroir, des enfants) face la dimension sexuelle, n’a pas changé quant au fond, empêchant une réelle posture éducative.

La vraie question dans toutes ces questions est de savoir comment aider les adultes à prendre cette indispensable distance!

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