Bébé-papa: viril combat?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 31, 2008 Under Chroniques
Fight For Kisses //// www.ffk-wilkinson.com
Regardez cette pub deux ou trois fois : elle ne dure pas longtemps (2’) et il y a beaucoup à voir !
Premier niveau de lecture, évident dans le propos général ici : quelle meilleure illustration que cette publicité pour expliquer la thèse fondamentale, à savoir que notre société a placé les enfants dans une position de sujet à part entière dès leur plus jeune âge, position qui rend tout acte éducatif moins simple… Le bébé et le papa se disputent la maman comme deux rivaux égaux, ils sont jaloux l’un de l’autre : d’abord le papa du bébé (qui s’en rend très bien compte, comme s’il était adulte), puis le bébé du papa quand celui-ci dispose des bonnes lames de rasage ! Le bébé a tous les attributs de son âge : couche, nounours, jeu de construction,… Mais se prépare comme un adulte au combat avec le papa. On peut en rire, prendre cela comme une plaisanterie sans conséquence. Mais l’image véhiculée n’est pas innocente. La place du père n’est déjà plus évidente du tout aujourd’hui dans la dyade mère-enfant, ce n’est pas des scénarios comme celui-ci qui aideront à ce qu’il prenne sa vraie place : celle de tiers qui détache l’enfant de la mère, avec considération et bienveillance, justement sans entrer dans un rapport de rivalité (que ce soit une rivalité d’hommes pour une femme comme ici, ou une rivalité de parents pour l’amour de leur enfant, comme parfois dans la réalité).

Deuxième niveau de lecture : la pub joue sur la pulsion, la pulsion de la personne qui achète, de préférence. Or, tout le monde connaît la ménagère de moins de 50 ans, cible privilégiée des publicitaires. C’est donc bien sur l’imaginaire de la mère qu’il s’agit d’agir ici. La mère apparaît comme très neutre dans le spot. Elle agit de manière simple et spontanée, câlinant celui qui a la peau la plus douce. Quelle jeune mère, noyée dans les lessives (tiens, c’est le premier plan !) ne sourirait-elle pas de se retrouver ainsi dans la situation de voir deux hommes se battre pour elle ? D’autant plus que le fantasme n’a aucun risque de voir se réaliser… La mère peut donc engranger un petit instant de bonheur, une petite pulsion d’être l’objet de tant de désir… Qui pourra peut-être remonter quand elle hésitera devant l’étalage des différentes marques de lames… Au plus grand bénéfice de l’annonceur !

Enfin, deux points qui ne me semblent pas pouvoir être fortuits mais que je ne peux pas interpréter : Pourquoi le bébé s’entraine-t-il à danser à la corde avec le soutien gorge de la maman? Pourquoi émet-il un pet quand il fonce sur la maison, la nuit (a priori pas le moment où l’on se rase), pour régler son compte au papa ?

Avez-vous une idée ?

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“Madame, ma fille ne veut pas rentrer dans l’école…”

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 24, 2008 Under Chroniques

Nadia est une bonne élève, une de ces élèves sans problème qui réfléchit, travaille et progresse normalement. Mais, depuis qu’elle a 16 ans, le parcours scolaire de Nadia se compare plutôt à un trajet sur les montagnes russes qu’à la remontée d’une rivière tranquille. Nadia a sombré peu à peu dans un dépression qui la retient à la maison. La seule idée de venir à l’école lui fait monter les larmes aux yeux, la raidit de plus en plus quand elle s’en approche le matin, la tétanise quand elle est devant la porte. Incapable, incapable de rentrer, incapable de s’imaginer que la journée va se passer plutôt bien que mal … Cela monte pendant deux ou trois jours, puis cela se calme, puis cela revient. Mais ces séquences s’accélèrent.

Nadia, ce n’est pas toujours Nadia, c’est aussi Léo, c’est aussi Marine… Des enfants en dépression ou en rupture avec l’école qu’ils ont pourtant adorée jusqu’à leurs 13-14-15 ans.

Dépression ? Phobie scolaire ? Autre problème d’attachement à la famille ou à un des deux parents ? Je ne me prononcerai pas sur un diagnostic qu’il ne m’appartient en aucun cas de formuler. J’acte simplement d’une impossibilité passagère, souvent pour des semaines, voire des mois, à venir à l’école pour y faire son « métier d’élève » comme dit le pédagogue suisse Perrenoud.

La première action de l’école est d’alerter les parents sur le caractère répétitif des absences. Quand il s’avère que l’adolescent est vraiment dominé par son inconscient, l’école lui dit : « Nous comprenons que tu n’es pas bien et nous voulons t’aider à reprendre pied dès que possible. » et aux parents : « C’est la dernière fois que nous transmettrons du travail scolaire pour votre enfant. En continuant une activité d’entraide comme elle est instutionnalisée dans l’école, nous ne ferions qu’aggraver son retrait, sans d’aucune manière l’aider à revenir dans l’école, qui est sommes toutes, le lieu d’apprentissage et de socialisation de tout jeune de cet âge. »

Parfois les parents ne comprennent pas, parfois il faut insister pour qu’ils aillent voir un médecin généraliste, à défaut d’un psychiatre. « Mais elle ne veut pas y aller ». « Monsieur, c’est vous le responsable de l’obligation scolaire, c’est vous qui risquez des ennuis si elle ne la remplit pas. Je vous suggère de bien y penser et de lui dire que vous ne souhaitez pas faillir à vos responsabilités sociales et que vous l’obligez à aller chez le médecin. Accompagnez-la jusqu’à l’entrée où vous expliquez le problème en deux ou trois phrases, puis laissez-la seule avec lui. » Deux semaines plus tard, cette jeune fille consultait, de son propre gré une pédopsychiatre, renseignée par le médecin généraliste.

De long mois se passent parfois, puis se pose la réussite de l’année. En Belgique, le conseil de classe des professeurs a la décision souveraine de décider du passage de classe (dans un cadre défini par un règlement des études). Cela veut dire que l’on peut adapter l’évaluation des élèves à ce que l’on connaît de leur état de santé physique et/ou psychique.

Avec les adolescents décrit ci-dessus, j’ai utilisé une technique dont l’effet me surprend chaque fois.

Un peu après le milieu de l’année, quand je sais que l’adolescent remonte la pente, je demande qu’il vienne me voir avec un parent ou un référent de l’ « école à l’hôpital » qui l’a souvent suivis pendant ces longs mois (sans qu’il soit d’ailleurs nécessairement hospitalisé).

Je m’enquiers de leur santé, de ce qu’ils ont fait durant tous ces mois, de l’état d’esprit dans lequel ils reviennent. Ces longs entretiens ont pour but principal que le jeune se sente reconnu dans les difficultés qui sont les siennes. Elles sont prises au sérieux et non regardées avec un air de « tu ne pourrais vraiment pas venir ? c’est une question de volonté, finalement ! » Non, je les considère comme de vrais malades, sur la voie de la guérison, ne sachant pas trop bien s’ils vont abandonner leur symptôme pour revenir dans la vie propre à leur âge.

Puis, je tiens le discours de la réalité : « Tu sais pour passer de classe, il faut être évalué. Etre évalué dans cette école-ci, ce n’est pas seulement réussir des examens, c’est aussi, pouvoir faire des recherches documentaires, un compte rendu d’excursion, un rapport de laboratoire… Je ne peux pas savoir, en te voyant pendant une demi-heure, si tu vas suffisamment bien pour pouvoir envisager toutes ces échéances quotidiennes. Si ce n’est pas le cas, sache que nous continuerons à te  considérer avec toute la bienveillance voulue. Mais il y a aujourd’hui un risque que tu ne puisses pas passer dans l’année supérieure, tu dois le savoir… »

Bref, j’introduis la réalité dans le problème global (on se reportera à la p.52 du livre). Sans pression morale, sans ingérence médicale, je dis la réalité de l’école : on apprend, on est évalué sur ce que l’on apprend. Tout cela avec un degré de compréhension qui porte sur la personne mais ne ne transige pas (trop) sur la réalité scolaire.

Le plus étonnant, c’est que ça marche souvent: j’ai en tête trois élèves à qui j’ai tenu ce discours : la première, Nadia, a remis le pied à l’étrier du jour au lendemain. Pour le second, la rentrée à l’école a été plus dure : absent depuis le début de l’année, il revenait en mars. Le deuxième jour, Léo pleurait devant sa maman « tu m’avais dit que si cela n’allait pas, je ne serais pas obligé ! » « J’ai dit que tu essaierais une semaine » Moi, appelée en renfort: « Madame, vous vous sentirez mieux quand vous serez dehors », elle a pris son sac et elle est partie, le gamin est resté, a tempêté (d’angoisse), je l’ai rassuré en ne lâchant pas l’objectif. La prof est passée pour signaler son absence. L’éducatrice a dit : « mais si, il est là, il va aller en cours avec toi… » Il est revenu chaque jour jusqu’à la fin de l’année. La troisième est un contre-exemple : incapable de venir à l’école, en phobie scolaire depuis Pâques, on avait accepté que Marine passe des examens chez une enseignante, examens qu’elle avait réussis. Deux semaines plus tard, la maman me téléphonait pour me dire qu’elle la retirait de l’école pour la scolariser dans l’enseignement à distance.

L’école a donc ici, comme dans de nombreuses autres occasions, le rôle de rappel de la réalité : c’est l’adolescent qui doit s’y adapter (soutenu et encouragé) et non la réalité qui doit se tordre aux méandres de sa vie. Ce n’est pas une question de principe moral mais de construction psychique du sujet.

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Présentations et rencontres

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 17, 2008 Under Conférences

- Présentation et signature le 31 mai à 15h30 à Joli Mai, salon du livre alternatif et de l’édition indépendante aux Halles de Schaerbeek.

- Rencontre-débat à la FNAC, City 2, Bruxelles, le 6 juin à 17h.

- Rencontre-débat à l’Harmattan, rue des Ecoles, 21bis, Paris 5ème, le 18 septembre à 19h.

- Rencontre-débat à la libraire Graffiti, Waterloo, le 25 septembre à 20h

L’entrée à chacune de ces activités est gratuite! Bienvenue!

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Strip tease et éducation

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 10, 2008 Under Chroniques

Ce 30 mars, sur France 3, a été diffusé un reportage qui a fait du bruit. Il est en pièces détachées sur dailymotion.

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Strip-tease%2B-%2BPolice%2Bet%2Bpolissons%2B/1

Essayez de le voir en entier (2 fois 52’), ce n’est qu’ainsi qu’on comprend toutes les subtilités de la situation.

Pour ceux qui n’ont pas le temps, un court résumé et quelques moments choisis:


Police et polissons – Partie 1 1-7 Strip-tease

Gianni et Corentin sont deux adolescents en décrochage scolaire qui bénéficient d’un suivi policier, résultat d’une collaboration (non explicitée dans le reportage) entre l’école et la police municipale. Comprenons donc bien qu’il s’agit ici d’une action qui n’est ni demandée, ni couverte par la justice, ces deux gamins n’ayant commis aucun délit reconnu : ils ont décroché scolairement et fument des joints (ce qui n’est pas rien mais n’a fait visiblement l’objet d’aucune suite judiciaire!), ils occupent leur temps à leur guise, hors de toute contrainte.

On suit Gianni en particulier. Ses parents sont séparés, s’en préoccupent mais n’ont plus aucune prise sur lui, particulièrement sa mère.

Alors, c’est Arnaud et ses collègues, flics de la police municipale qui vont se charger de lui : ils commencent par établir le rapport de force « Tu le sais cela, qu’on n’a pas de limite ? ». Puis, (dans le désordre) ils suivent les devoirs, ils pratiquent un sport de combat avec accolade à la fin, ils engueulent de manière répétée parfois insultante («espèce de connard »), parfois humiliante (« T’es vraiment une merde »), parfois menaçante (« tu feras la pute dans une cave de la cité »). Ils assument sans s’en cacher ce qu’ils considèrent comme le rôle de père : « Si ton père veut pas te mettre de baffe dans la gueule, nous, ça ne nous dérange pas de t’en mettre ». Arnaud va jusqu’à le renverser de sa chaise pour le prendre à la gorge et montrer physiquement sa supériorité. Une dame, venue d’on ne sait où et dont la seule référence est d’avoir élevé 4 enfants (ce qui donne compétence mais qui reste subjective et sans possibilité de recul), jouera le rôle de « Super Nanny ».


Police et polissons – Partie 1 4-7 Strip-tease






Police et polissons – Partie 1 6-7 Strip-tease

Comme il ne va pas régulièrement travailler au restaurant où il est censé apprendre « la vie », c’est dans une petite entreprise de sécurité (aux abords des centres commerciaux) que l’on va l’envoyer avec uniforme, rangers et tutti quanti…

Dit comme cela, cela a l’air monstrueux et, dans l’idée, ça l’est… L’humiliation n’est jamais un bon moyen de s’adresser ni aux jeunes, ni à personne ! Quelle est la légitimité d’une petite équipe de policiers à se mêler d’éducation de jeunes, même en décrochage scolaire : qu’ils constatent, qu’ils signalent, qu’ils fassent suivre et que quelque chose d’éducatif en découle, ce devrait être évident. Mais ce n’est pas cela qu’ils font…

Et, à suivre ce policier dans la longueur, on ne peut s’empêcher d’être envahi par un sentiment plus diffus. D’abord, on le sent pris dans une stratégie de « bon samaritain »: il veut tirer ces adolescents de leur marasme, on sent qu’il considère son action comme un défi, il met une énergie considérable, on le sent maître de lui (presque toujours !) et sûr que sa politique est la bonne. Zorro est arrivé ! On en vient presque à être compréhensif, comme on l’est dans une situation où aucune autre issue ne semble meilleure, voire possible et où quelqu’un veut enfin bien s’occuper d’une situation qui décourage tout le monde. D’ailleurs dans une reportage fait ultérieurement et diffusé dans un JT début avril, Gianni dit que le policier lui a fait du bien, l’a aidé à s’en sortir : « Il n’a pas été violent, il m’a mis la pression ».

On comprend alors qu’avec ce genre de jeune qui n’a jamais été placé sous aucune autorité (il ne veut plus manger en présence de sa mère depuis qu’il a 8 mois (!), il ne supporte pas la contrainte chez son père), il n’y a plus que la force, plus ou moins bienveillante, qui marche.

Le reportage ayant révélé ses agissements, le policier a été licencié: « cela ne correspond pas à l’image, aux valeurs que porte la Municipalité », dit le Maire.

Et l’on se dit : « C’est trop simple ! On envoie les acteurs de première ligne au feu, sans doute sans consigne précise et en tout cas pas dans un cadre institutionnel et quand ils dérapent, c’est eux qui sont sanctionnés! Quel gâchis, comment a-t-on pu en arriver là?» Un enfant, puis un adolescent comme Gianni, qui n’a pas été contenu dans ses pulsions (son leitmotiv : « Pourquoi j’le fais pas ? parce que j’ai pas envie ! ») se retrouve au bord du précipice et c’est avec des méthodes de commando qu’il faut rattraper la sauce ou du moins essayer.

« De plus, si cet apprentissage au décentrement par rapport à la pulsion ne se fait pas au moment voulu, il se construit comme une immunité de l’individu à la confrontation avec l’autre qui grippe durablement un système pourtant vital. Cela peut se traduire par une difficulté majeure à entrer dans le lien social ou par une façon d’y entrer de manière aberrante, sous le sceau de la toute-puissance. Et de se cogner ainsi violemment aux barrières que le système érige de plus en plus puissamment pour se protéger. »

Car, même en accordant un crédit maximal au policier, il n’en reste pas moins que ce n’est pas l’autorité qu’il a exercée mais la force. On ira relire le chapitre « De l’autorité» dans le livre pour avoir une analyse plus complète.

Bien sûr, il a réussi à avoir le dessus dans ce rapport de force mais il a aussi entretenu chez cet adolescent, comme chez d’autres, l’adage « la loi du plus fort est toujours la meilleure ». A court terme ça a marché (Gianni est retourné au collège), mais à long terme, que peut-il avoir intégré des lois de la vie en société ? Comment peut-il avoir vraiment compris qu’il est un parmi les autres ? Il faut d’abord que les adultes qui l’entourent lui aient signifié qu’il avait, au moins partiellement, à s’accommoder de certaines formes élémentaires de vie sociale (manger en famille, par exemple). « On ne le dira jamais assez : l’accès à l’humanité, à la condition d’être humain, est indissociable de cette confrontation à autrui, à l’alter ego fait d’os et de chair, de désirs et de limites. La recherche d’un terrain d’entente commun qui permette à chacun de vivre en société est l’inévitable apprentissage de l’humanité. » Voilà bien ce qui a fait défaut ici…

En conclusion, on ne peut que redire que le vrai travail collectif (et il ne suffit pas de travailler ensemble pour qu’on puisse parler de travail collectif) est le seul garant pour éviter des épisodes tels que celui-là. La société ne peut seulement cautionner ou sanctionner les attitudes individuelles (in)adéquates, elle doit prévoir de nouveaux lieux et de nouvelles méthodes pour ce genre de problèmes. Quand on voit, par expérience, le débordement des services sociaux s’occupant d’adolescents problématiques et de leur famille, on se dit qu’il y a encore du chemin à faire…

«L’enfant, petit homme ou petit d’homme ? », p.100

«L’enfant, petit homme ou petit d’homme ? », p.66

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Erotisation de l’enfance

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 3, 2008 Under Chroniques

Interdite…

Interdite, je l’ai été quand j’ai découvert cette pub, il y a presque 3 ans déjà !

G., le magasin des uniformes scolaires des écoles de mon enfance… 40 ans plus tard, le nom était resté bien gravé. Non que j’ai été traumatisée par le rigorisme qui était encore de mise dans certains établissements à l’époque (une vieille sœur avec sa latte à la main à l’entrée de la classe pour mesurer si la largeur des plis de la jupe était bien réglementaire !). Mais G. est synonyme de rigueur, d’austérité, de discipline.

Alors que la pose de cette petite fille est tout le contraire. Malgré l’uniforme, l’image de cette enfant est, il n’y a pas d’autre mot qui convient, érotisée, sans doute à cause du déhanchement figé par l’objectif. On n’a plus affaire à une écolière à la veille de la rentrée mais à une lolita qui veut aguicher et séduire.

Sans doute n’y a-t-il là aucune malice. Si ce n’est que, dans la tête des publicitaires, l’ambiguïté du message ne peut être que source de pulsion, pulsion qui incite à l’achat, y compris quand l’école n’oblige pas à l’uniforme. Titiller la pulsion, voilà bien le ressort de base de la société de consommation…

Interdites, de telles images devraient-elles être interdites ? Impensable, évidemment, on crierait au scandale, à la censure, à la pudibonderie ! Mais les publicitaires et leurs commanditaires ne pourraient se poser des questions avant de jouer sur de tels ressorts ? La banalisation de l’érotisation dans nos société est un fait (dont il y aurait beaucoup à dire), mais elle peut trouver des limites !

Car, à associer érotisme et enfant, à ne pas vouloir comprendre une fois pour toutes que la sexualité des adultes n’a rien à voir avec la sexualité infantile décrite par Freud (Trois essais sur la théorie de la sexualité), on finit par entretenir le doute dans le chef de ceux qui ressentent déjà des pulsions sexuelles vers les enfants et qui ont parfois le plus grand mal à faire la part entre le fantasme et la réalité. La société a une part de responsabilité dans l’accroissement manifeste de cas de pédophilie des dernières années. D’une part, elle sature l’espace social de scènes sensuelles, voire sexuelles. D’autre part, elle associe, certes plus subtilement, les enfants à cette surcharge de messages dont l’effet sur la pulsion est indéniable.

Dans le même ordre d’idée, si pas dans le même registre, jetez donc un œil sur la vidéo suivante :


Bebe_precoce sélectionné dans Humour

De l’humour d’un goût douteux, mais significatif de l’air du temps !

Que ce soit pour faire rire ou vendre, peu importe, redonner une vraie place d’enfant aux enfants, voilà qui est plus important que jamais en ces temps où règne le trouble sur leur place dans la société.

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