Commerce et cordon ombilical…

Posted by Françoise Guillaume on Samedi jan 31, 2009 Under Chroniques

Dans “Le Vif-L’Express” de la samaine dernière, acheté pour une enquête sur “ce que les futurs parents attendent (de 2009)”, j’ai finalement trouvé beaucoup plus intéressant, aux confins du thème de ce blog. Extrait:

“Les cordons ombilicaux constituent , pour l’instant, la principale source de cellules souches pour les médecins. D’où le développement ces dernières années de banques étonnantes. Les unes publiques, installées dans les hôpitaux académiques reçoivent des dons anomymes et gratuis en provenance des maternités. Elles redistriuent les greffons en fonction des besoins. (…) Les banques privées -bien plus nombreuses dans le monde que le précédentes- s’adressent aux particuliers désireux de conserver les celules de leurs enfants, au bénéfice exclusif de ces derniers: elles gardent les cordons dits “autologues”. (…) “Aux Etats-Unis, ces banques récoltent dix fois plus de prélèvements que les organismes publics”, constate le Pr Dominique Bron, responsable du département d’hématologie et de transplantation, et directeur médical de la banque de sans de cordon de l’ULB. En Europe, elles se développent un peu partout mais pas en France, où les autorités sanitaires défendent bec et ongles le modèle public et solidaire. Résultat: les cordons français sont de plus en plus souvent encvoyés à l’étranger où les parents ouvrent des “comptes”, pensant ainsi mettre leurs bambins à l’abri d’éventuels ennuis de santé. (…)

En Belgique, une banque privée propose ses services. “Une simple pompe à fric!” prévient le sénateur Philippe Mahoux (PS) [par ailleurs, médecin, NDLR] (…) “C’est un leurre! Contrairement à ce qu’imagienent les parents trompés, cette initiative ne présente que peu d’intérêt médical”, lance le PrDr Dominique Bron. Ainsi, par exemple, en cas de leucémie, s’il s’avère qu’une greffe de sans de cordon est nécessaire, nous savons qu’il est préférable d’utiliser un autre sans que celui qui est prélevé dans le cordon du malade”, détaille le Pr Dominique Latinne, biologiste, hématologue et responsable de la banque de sang de cordon des cliniques Universitaires Saint-Luc.

Des femmes arrivent cependant en salle d’accouchement nanties du petit kit envoyé par la société privée qui leurt réclamera plus de 1895 euros pour conserver ce prélèvement pendant 20 ans, avec possibilité de prolongation. Selon le calcul d’une sénatrice lors des récents projets de loi sur le matériel corporel humain, une cryopréservation à usage personnel revient pourtant tout au plus à 375 euros,… (…).”

Matière à réfléchir sur le statut que l’on donne à l’enfant, à SON enfant, sur le filon qu’en tire tout de suite la société de consommation, sur l’égalité qu’il existe (ou plutôt qui n’existe pas) dans nos sociétés dans l’accès à des éléments vitaux… Pas besoin d’en dire plus

Bonus: ici, vous pouvez voir un “outil pégagoque” dont on précise bien que ce n’est pas un jouet, qui permet aux jeunes enfants de visualiser nouveau-né, cordon ombilical, poche aminotique et placenta . Le cordon ombilical se retire et se remet même avec une pression! Il est loin le temps des cigognes qui apportaient les bébés! Plus sérieusement, quelle utilité d’aller dans un tel détail avec les jeunes enfants?

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L’empire du ventre

Posted by Françoise Guillaume on Samedi jan 24, 2009 Under Chroniques

Cette semaine, je vais vous raconter une histoire très contemporaine: la version complète est ici, relatée sur le site de Libération.

Un journaliste hollandais, indigné de voir que la Justice avait entériné la vente d’un bébé pour 15000 €, a enquêté pour découvrir un autre cas similaire: le petit Jayden, né le 3 juillet en Belgique, a été remis par sa mère biologique à Gideon et Tamara, un couple hollandais. C’est son enquête qui a révélé l’affaire et qui a alerté le Parquet de Gand, ville où le bébé est né. Ce qui était un arrangement privé (qu’on l’approuve ou non) est devenu, comme une traînée de poudre, une affaire publique qui suscite commentaires et passions. Pour ceux qui en doutaient encore, cette histoire montre bien à quel point les médias sont devenu un quatrième pouvoir dans nos sociétés, bien plus redoutable que les trois autres parfois.

Quand sa propre mère lui téléphone pour lui demander pourquoi il a fait cela, il répond: “Acheter des enfants, c’est mal. Etre journaliste, c’est dénoncer ce qui ne tourne pas rond.” Et quand on cherche plus loin où il place la question éthique dans cette affaire, il ne parle pas commerce d’êtres humains ou circuit illégal d’adoption… Non, le vrai problème éthique se pose du point de vue de l’enfant. “Imaginez que Jayden ait tout découvert, des années plus tard. Quelle réponse lui aurait-on fait à l’âge de 10 ans?”

Sur quelle sables mouvants notre société a-t-elle construit la filiation pour que des histoires aussi invraisemblables (à plusieurs niveaux) puissent arriver?

Marcela Iacub, juriste et chercheur au CNRS, a publié sur ces questions un livre très intéressant: L’empire du ventre.

Elle cherche, dans l’histoire du droit, à montrer que la filiation n’a pas le caractère “naturel” qu’on lui accorde aujourd’hui. On y comprend que ce qui apparaît comme une évidence dans notre société contemporaine, à savoir que seule la femme qui accouche est la vraie mère, les autres n’étant que des succédanés, est en fait une construction sociale récente.

Jusqu’au milieu du XXème siècle, le fondement de la maternité légitime est ce que l’on appelle la possession d’état, “réunion suffisante de faits qui indiquent des rapports de filiation et de parenté entre un individu et la famille à laquelle il prétend appartenir”, par exemple “que l’individu a toujours porté le nom du père, que celui-ci l’a traité comme son enfant et a pourvu, en cette qualité, à son éducation, à son entretien et à son établissement; qu’il a été constamment reconnu pour tel dans la société et par sa famille.” On voit bien que cette priorité absolue dans la définition de la filiation visait à pérenniser l’institution du mariage: le couple était seul juge de sa filiation. De nombreux exemples sont déclinés dans le livre: tels frères et soeurs ont voulu démontrer, pour bénéficier d’une plus grande part d’héritage, qu’un des leurs n’était pas l’enfant biologique d’un ou des deux parents mais, peu importe, la décision des parents prévalait sur toute réalité biologique.

Depuis le début des années 70, la femme qui accouche est devenue le lien le plus fort, parfois le seul lien possible, avec l’enfant. Avec toutes les variantes de problèmes que l’on peut lire quotidiennement dans la presse, dont celui donné ci-dessus n’est qu’un petit exemple!

Le mariage qui fondait la filiation du passé était une institution, maillon de base de la trame, du consensus social. L’institution transmettait les normes, on y entrait sans pouvoir en négocier tous les aspects. On est passé aujourd’hui à une société basée sur le contrat qui se délibère entre individus, l’encadrement social qui limite les libertés ne se construisant que peu à peu, de manière disparate (dans un monde pourtant de plus en plus globalisé).

Ainsi, en France, une femme qui ment sur son accouchement, commet une infraction pénale. En Belgique, aucune loi n’évoque cette question. La “supposition d’enfant” dont il est question dans l’article pour laquelle les deux couples sont poursuivis est une simple fraude à l’état civil, l’attribution d’un enfant à une autre femme.

Autre exemple, en Allemagne, une femme ne peut pas déclarer un enfant sans donner le nom de son père, contrairement à la France ou à la Belgique où c’est possible.

Même si on peut croire que l’on s’accordera sur un certain nombre de principes de base, par exemple l’interdiction de la marchandisation du corps humain (et encore, où commence la marchandisation?), on doit se demander comment s’établira un consensus sur ces questions.

Surtout quand on pense qu’il y a moyen de voir la maternité et la paternité sous trois angles: la biologie, les titres de naissances et les comportements sociaux. On imagine tous les cas de figure ; par exemple, qui est la mère d’un enfant de celle qui a donné son ovule ou de celle qui a porté l’enfant dans un cas de don d’ovule? Le prère biologique d’un enfant à qui la mère n’a pas révélé sa grossesse a-t-il un droit de visite pour l’enfant dont il n’a parfois pas connu l’existence pendant des années?

Et au-delà des parents (biologiques, légaux, “sociaux”), qui se disputent un enfant, toutes les questions de bioéthique autour de la procréation (par exemple peut-on initier médiaclement une grossesse chez une femme ménopausée et dans la soixantaine?), soulèvent la même question: au nom de l’égalité des individus, de ce qui est en train de devenir un “droit à l’enfant”, la société doit-elle rester muette  ou a-t-elle le devoir de cadrer les pratiques médicales? Et si oui, comment sera-ce possible de le faire?

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Les filles d’aujourd’hui sur le Net

Posted by Françoise Guillaume on Samedi jan 17, 2009 Under Chroniques

Cette semaine, j’ai acheté Girl !, magazine destiné aux filles de 15-24 ans… Il tire à  245 000 exemplaires (voir ici), ce qui est un tirage important!

Par comparaison, le magazine Sciences et Vie Junior, qui se targue d’être le n°1 des magazines d’ados tire à 201000 exemplaires,  j’ai déjà formulé toutes les réticences sur sa manière d’introduire les jeunes aux sciences.

Plutôt que de passer le magazine à la loupe, ce que je ferai peut-être dans une prochaine chronique, j’ai été visiter le site du magazine.

On y retrouve les rubriques du magazine: amour, beauté, tests (quizz), témoignages, people.

Quand on parle de fracture numérique, on sous-entend souvent l’inégalité qui existe entre ceux qui ont accès à Internet et ceux qui ne l’ont pas. Mais il existe aussi une fracture de genre: par exemple, le chat est féminin, le jeu en ligne est masculin… C’est intéressant et consternant de voir comment on forge la féminité aunjourd’hui à coup de questions sur la beauté, sur l’amour et sur le sexe. Si nos mères ou grandes soeurs qui ont créé les mouvements féministes il y a 40 ans voient ce genre de magazine ou de site, elles doivent en pleurer…

Un autre aspect a retenu mon attention. Sur ce site, il y a trois entrées pour la plupart des thèmes: les filles (ou les garçons, il y en a quelques-uns!) peuvent poser des questions aux experts, poster des messages sur des forums ou participer à un chat avec un “spécialiste”.

Au gré de la vague (surfer est un verbe tellement approprié!), j’ai comparé les trois entrées sur le thème “amour”; il y a 73 Questions aux experts  dans la rubrique “Les mecs et moi” (Bravo à la place laissée à la diversité des identités sexuelles!), 65442 messages sur le Forum Love et un Chat mené par le même “expert” que dans la première rubrique (par parenthèse, je vous invite à apprécier la différence dans l’utilisation de la langue française du même Renan quand il répond comme “expert” ou qu’il parle dans le chat).

Si on fait le même exercice sur le thème “sexe”: 88 Questions aux experts et 85635 messages sur le Forum sexualité, un Chat, où on ne trouve pas la même disparité de langage de al part de l’expert.

Un parcours rapide des forums montre à quel point certaines filles sont vraiment accro Bouclette (orthographe non respectée) y a posté 12624 messages (à l’instant où j’écris, sans doute plus quand vous lirez!)

La disproportion de ces chiffres ne vous aura pas échappé: on participe mille fois plus volontiers à un forum qu’on ne pose de question à un expert

Il faut bien dire que les réponses des experts n’apportent souvent pas grand chose, mais cela montre surtout que la parole des pairs est devenue souvent plus importante que n’importe quelle autre. Ce qui est dire par une jeune de ton âge, c’est du “vrai”, du “vécu”. Le reste, ce n’est peut-être que “paroles, paroles”…

D’autre part, on voit aussi à quel point les échanges ont changé avec la généralisation du Net comme réseau de socialisation. Ici, l’anonymat garantit que l’on puisse écrire ses états d’âme, ses questions les plus intimes ou les plus techniques. On y vient, on en part, on se confie, on donne des conseils, parfois un jour, parfois pendant des mois. Tout cela sans aucune conséquence sur l’image sociale que l’on doit nécessairement endosser dans toute relation réelle.

Au delà de la question féministe, de tels sites aident-ils les jeunes filles à se construire?

Il faut bien admettre que l’adolescence est une période-clé dans la construction de l’individu comme être sexué. En tenant compte de la société hyper-sexualisée dans laquelle nous vivons, le ton général du site est correct: on redit aux filles chaque fois que nécessaire qu’elles peuvent décider, dire non aux demandes plus ou moins pressantes du partenaire, on tempère les excès des adolescentes qui croient que tout est perdu quand l’amour ne tourne pas comme elles le souhaitent.

Tous ces mots mis sur des émotions, des questions si nouvelles pour elles, doivent permettre d’aborder ce tournant de la vie de manière moins tourmentée qu’avant où ces sujets étaient tabous et la place prise par les doutes et les interrogations bien envahissante pour beaucoup.

Maintenant, il reste à espérer, pour les filles, qu’il reste une partie de leur temps pour s’intéresser à d’autres sujets, moins marqués par le genre…

N.B. Cette chronique a été inspirée de l’information que j’ai reçue ce Michel Vandenbroek, socio-pédagogue à l’Université de Gand qui s’interroge sur le site Zappybaby, construit par un magazine féminin comme celui dont je vous ai parlé, qui a déjà recueilli 7 millions de messages (ce qui est énorme rapporté aux un peu plus de 5 millions de néerlandophones en Belgique. Peut-être une chronique quand j’aurai pris le temps, nécessairement plus long vu la langue, de le parcourir de manière plus approfondie… La version francophone existe aussi, mais est incommensurablement moins fréquentée.

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De l’autorité

Posted by Françoise Guillaume on Samedi jan 10, 2009 Under Chroniques

En ce début d’année, je vous propose de visionner une partie de l’émission « Ce soir ou jamais » diffusée le 9 décembre. Le thème général en était « Justice, éducation, autonomie, quelle autorité ? »
Les trois extraits qui suivent constituent des coupes (visibles sur ce site pédagogique) qui cernent bien la question de l’autorité en relation avec l’éducation.
Extrait 1

Extrait 2

Extrait 3

La qualité de l’image n’est pas terrible! Si vous souhaitez voir l’émission en entier et en meilleure qualité, à partir du site de France 3, c’est ici. La discussion sur l’autorité commence à la minute 27 et part du rapport Varinard qui, en France, pose la question de l’âge de la responsabilité pénale).

La première réflexion qui me vient à l’esprit est de me demander si cela a encore un sens de parler aujourd’hui d’autorité dans des domaines comme l’économie ou la justice. Ou, plus exactement, si une personne peut se prévaloir d’autorité dans un tel contexte. Dans une société démocratique où l’autonomie règne en maître, qui peut se voir reconnaître une position d’autorité en regard du respect des libertés individuelles ? Il reste alors les arguments d’autorité : « la loi du marché est indépassable », en économie, par exemple (je ne vois pas d’exemple équivalent dans la justice…) mais même ceux qui veulent les endosser n’en ont pas nécessairement plus d’autorité sur les autres.

En ce qui concerne les rapports sociaux en général, on se ralliera plutôt à la formule d’Evelyne Charmeux trouvée ici, sur le site de Philippe Meirieu : « Qu’il s’agisse de règles ou de conseils, le fait de les « appliquer » est un acte de paresse et de soumission. Conseils et règles ne sont jamais à « appliquer ». Ce sont des données à utiliser pour construire son jeu ou sa pratique, en fonction de projets et de situations. Cela s’appelle « être autonome ». On voit donc bien comment cette position d’autorité entre adultes est une position à réajuster sans cesse, tout en la maintenant stable, et ce n’est pas un contre-sens de dire cela.

Pour le reste de ce billet, on se concentrera donc sur les questions d’éducation et encore plus, d’éducation des enfants ou ados pas trop problématiques. Beaucoup de choses sont dites dans les extraits que je vous propose, je ne les redirai pas ici. Je réagirai plutôt à certaines assertions pour les appuyer ou les nuancer.

Quand Daniel Sibony dit, par exemple, que la première condition pour exercer l’autorité en classe est d’aimer ce que l’on fait, je n’en crois rien. C’est la plus grande déception de jeunes collègues qui commencent à enseigner à des ados que de voir qu’il ne suffit pas de venir avec des propositions qui les passionnent, intéressantes et bien préparées pour avoir de l’autorité sur la classe. L’autorité est d’abord dans le rapport humain et la première tentative des ados est toujours de ramener la relation à une relation de personne à personne, de déboulonner l’enseignant de son socle institutionnel. Pas méchamment mais parce que l’enjeu principal de cet âge-là (en particulier entre 14 et 16 ans) est de se situer socialement, comme “apprentis-adultes”. A contrario, des collègues plus expérimentés peuvent très bien n’avoir aucun problème d’autorité alors qu’ils ne trouvent plus aucun intérêt à enseigner. Simplement, ils ont appris à incarner le tiers, le “quelque chose d’autre qui a à voir avec la transmission de la vie, avec la représentation de la société” comme le dit Sibony (et comme le disait avant lui H.Arendt). Et la vie, ce n’est pas toujours, tout le temps, passionnant… Sibony dit aussi : « les jeunes aiment l’autorité quand ils lui supposent une connivence avec la vie » et c’est là toute la différence entre l’autorité exercée par un enseignant passionné et celle subie d’un prof fatigué. Mais cette diversité fait aussi partie de ce que les adultes transmettent de la vie en société.

Plus loin, il dit aussi « La crise de l’autorité, c’est bien ! (…) On demande à celui qui exerce l’autorité si la loi au nom de laquelle il l’exerce n’est pas, par hasard, sa loi narcissique. (…) Personne n’est prêt à supporter la jouissance de l’autre, au titre déguisé de la loi. »

Là est bien la principale question pour laquelle il faudra cheminer dans les prochaines années, voire décennies. On ne devrait exercer l’autorité qu’au nom d’un ensemble qui vous est externe ou dans lequel vous êtes inclus (le « quelque chose d’autre » de Sibony). C’est assez simple à penser dans les écoles (par rapport à la famille, plus réduite) mais ce n’est actuellement pas souvent mis en œuvre.

A l’échelle de l’école, il y a possibilité d’un fonctionnement démocratique (encadré par une règlementation dont je ne conteste pas la légitimité même si sa lourdeur rétrécit de manière souvent exagérée ce champ des possibles démocratiques) qui, par la prise de décision collective, par le maintien d’un cadre pédagogique préexistant (le projet pédagogique, quand il est suffisamment étoffé) permet à chacun d’exercer son autorité.

Quand Sibony parle de « lâcheté galopante » de ceux qui ont à exercer l’autorité, il charge lourdement les personnes alors que le reproche doit être formulé plus globalement : les sous-ensembles dans lesquels se construit la légitimité de l’autorité contemporaine, sont encore trop souvent inexistants ou délégitimés par les instances dirigeantes et/ou centralisatrices qui veulent revenir à une autorité « de place » d’un autre âge. Sibony le dit d’ailleurs : « on ne peut pas être un exécutant de l’autorité ». J’aurais plutôt dit: “on ne peut plus être un exécutant de l’autorité”. Car, il n’y a pas si longtemps, on pouvait souvent (mais pas toujours) l’être!

Enfin, pour terminer, même s’il y aurait encore beaucoup à dire, je reprendrai une extrait d’un des commentaires de l’émission sur le site de France 3 : « Nos peurs nous travaillent de plus en plus jusqu’à en oublier ce que nous voudrions être ». Il est vrai que tout, dans les médias attise constamment le sentiment de crainte que nous portons tous en nous. Or, la première condition, incontournable, pour pouvoir exercer l’autorité dans une classe (ou un autre groupe), c’est d’être tranquille, calme, de ne pas avoir peur de la micro-société devant laquelle on se trouve. De se présenter suave, bienveillant et déterminé…

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