Bonjour, Madame!

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 26, 2009 Under Questions

Depuis deux semaines, un épisode apparemment anodin me trotte en tête. Je vous raconte:

A la sortie du Delhaize (supermarché alimentaire belge), je vois une petite fille de 6-7 ans qui demande à tous les clients qui sortent: “Bonjour, Madame (Monsieur), vous auriez pas un Pixar pour moi?” Le ton est très poli, la voix  monocorde, comme une rengaine cent fois répétée (ce qui est sans doute le cas). Le papa est derrière la petite fille, la surveillant tranquillement.

Pour les non-Belges, le Pixar a été la mode de cet été (lire ici, aussi les commentaires!)

Depuis lors, je me suis plusieurs fois demandé: est-ce de l’entraînement à la débroullardise ou de l’initiation à la mendicité?

Le plus souvent, j’ai penché pour la deuxième hypothèse… Et vous?

P.S. En bonus, un petit truc pour les distraits qui ont les moyens, le Kid Finder. Il fallait y penser!

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Exposés à l’automne 2009

Posted by Françoise Guillaume on Vendredi sept 25, 2009 Under Conférences

Photo de Fr.Guillaume - Michel Bries

- Le mercredi 14 octobre, au colloque pédagogique organisé à l’occasion du centenaire de l’exécution de Francisco Ferrer: “La pédagogie peut-elle changer le monde?

- Le jeudi 22 octobre, au Salon de l’Education à Namur, Forum nord, 15h-15h30 (réf 2N1500) : “Diriger une école, 20 ans après la Charte des Droits de l’Enfant”

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Une touche d’optimisme!

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 19, 2009 Under Une touche d'optimisme

Une nouvelle classe de billets m’a été inspirée par un commentaire de Catherine (ici) au travers duquel me semblait poindre une once d’impatience et/ou d’impuissance.

C’est vrai que, dans la foulée des informations ou des observations, plus incroyables les unes que les autres, la tentation est grande de tourner en dérision, de fustiger à travers tout. La critique pessimiste est plus facile que la politique optimiste (au sens large du terme!) Pourtant seule la deuxième peut effectivement soutenir l’éducation au jour le jour…

Essayons-nous donc à une nouvelle catégorie, par petites touches…

La semaine prochaine, France 5 organise la deuxième Journée de refus de l’échec scolaire. Dans ce cadre, elle publie une vidéo de François Dubet, sociologue français, peu suspect d’accointance avec les “baba cool” comme il dit lui-même. En moins de 5 minutes, des pistes d’une réelle importance pour l’école de demain sont données.

La “culture commune, pas uniquement définie par la filière générale du lycée”, mais aussi par les cultures techniques et manuelles, l’”établissement comme endroit éducatif où on apprend à travailler avec les autres” sont des priorités qui “prennent très à rebrousse-poil” le monde des enseignants et pourtant vraies pistes d’avenir pour le système scolaire tout entier, à l’opposé des tentations de retour aux méthodes d’antan, tellement entendues aujourd’hui!

Seuls mots que je n’aurais pas utilisés tels quels: “être serviable et gentils doivent être des vertus, valorisées socialement”, j’aurais plutôt dit: “la capacité à travailler ensemble, dans l’attention à l’autre, à coopérer, doivent être travaillées et valorisées scolairement”. La différence est ténue et peut être due au caractère oral de l’interview… Il valait mieux la préciser!

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Facebook et GSM et tutti quanti: n-ième (et certainement pas dernier!) épisode

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 12, 2009 Under Chroniques

Ce n’est pas encore demain la veille du jour où le monde éducatif aura mesuré toutes les conséquences des nouveaux modes de socialisation liés aux technologies.  Aujourd’hui, il sera question des écoles, certainement pas plus à l’abri que les parents, de manoeuvres immaîtrisées et maladroites.

Ecoutez le court reportage audio, diffusé ce 8 septembre au Journal de la RTBF (chaîne publique belge francophone).

Première réaction de (vague) soulagement: “C’est donc bien partout le même chose et tout le monde se rend compte qu’il faut baliser le terrain“.

Mais à y écouter de plus près deux éléments retiennent mon attention: “On a mis un article sur le règlement à l’image pour bien insister sur le fait qu’on ne diffuse d’images que de personnes qui ne sont que consentantes“. Je comprends bien l’objectif, que je partage évidemment. Mais inclure le droit à l’image dans le règlement de l’école introduit une confusion sur les “niveaux législatifs”: ce droit fait l’objet de lois communes à toute la société et, à ce titre, les élèves y sont soumis comme tout citoyen! L’écrire explicitement dans un règlement d’école laisse planer un doute sur la place qu’ont, hiérarchiquement, ces énoncés. Une école est obligée de faire respecter la loi, sa seule prérogative est de pouvoir traiter les transgressions éducativement, sans nécessairement faire appel à la Justice.

Puis, il y a cette autre phrase: “Nous avons demandé que les parents passent au-dessus de ce qu’ils croient être le privé de leurs enfants, vérifient ce qu’il y a sur Internet, leur GSM.” Je crois qu’il est important de faire comprendre aux jeunes (parfois aux enfants) qu’Internet est un contenu public et que, à ce titre, les parents peuvent y accéder comme tout un chacun et que, aller voir le blog de son enfant ne relève pas du viol de l’intimité puisqu’il n’y en a pas, de l’intimité sur Internet!

Mais aller voir les messages sur le GSM s’apparente, selon moi, à écouter les conversations aux portes ou regarder par le trou de la serrure d’il y a un siècle: de l’indiscrétion.

Sauf s’il en découle un problème majeur: par exemple, une agression a lieu devant l’école, appel de police, mobilisation générale pendant un long temps des éducateurs, enseignants, parents. Le gamin dit que c’est quelqu’un qu’il a accepté comme ami sur Facebook et qu’il ne comprend pas pourquoi cela a tourné comme cela. Il est alors impératif de l’aider à décrypter ce qu’il n’a peut-être pas vu venir.

Dans tous les autres cas, c’est de l’intrusion et le personnel scolaire devrait le savoir…

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Le tour du Monde en solitaire à 13 ans?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 5, 2009 Under Chroniques

Une brève dans les infos de cette semaine mérite d’être abordée ici. Regardez:

Traduction libre pour que les “pas-tout-à-fait-bilingues” (dont je suis) ne soient pas obligés de réécouter plusieurs fois:

Préparée depuis qu’elle a 10 ans, Laura voulait faire le tour du monde à la voile en solitaire à 13 ans. Mais son projet rencontre un obstacle: ses parents, qui soutiennent son projet, ont perdu temporairement leurs droits parentaux, le temps qu’un collège d’experts examine sa capacité à mener à bien un tel projet.

La décision survient un jour après que Mike Perham, un jeune Anglais de 17 ans, soit devenu le plus jeune navigateur à avoir accompli le tour du monde en solitaire. C’est ce record qu’elle veut absolument battre. Mike dit que 13 ans, c’est jeune mais que lui a traversé l’Atlantique en solitaire à l’âge de 14 ans et que donc l’âge n’est pas un vrai problème. C’est plutôt une question de force mentale et physique que de capacité technique.

L’avocat dit qu’elle ne passera seule en mer que de courtes périodes sur les deux ans prévus pour le tour du monde, le reste du temps à terre.

Malgré le peu de soutien dont elle bénéficie en dehors de sa famille et de ses avocats, Laura n’est pas vraiment préoccupée. Elle déclare vouloir poursuivre ses études pendant le voyage et effectuer ses devoirs par e-mail. Mais en réalité, ses études risquent de devenir le moindre de ses soucis une fois partie.

Néanmoins, la jeune fille reste confiante quant à la décision finale et déterminée à partir avant la fin de l’année.

Entendre ce genre de nouvelle me laisse profondément perplexe: certes, nous vivons dans une société où tout valorise la performance et  le record,  mais comment penser qu’une enfant peut concevoir un tel projet par elle-même? Plus précisément, comment ne pas imaginer que ce rêve qui ressemble à un conte de fée moderne (”… et elle fut heureuse et fière d’avoir bouclé son tour  du monde en solitaire; la planète entière lui lança des regards admiratifs et célébra son audace!”), a pu être énoncé par une fillette, sans être suivi instantanément par un démenti bienveillant mais ferme des parents?

Ecouter les enfants, ce n’est pas prendre à la lettre tout ce qu’ils disent, c’est aussi pouvoir discerner ce qu’il y a de sincère et de vrai dans toute parole enfantine de la part de projection parentale (cette fillette est née sur un bateau) qu’incorpore tout enfant.

Criminels de l’enfance de leurs enfants, les parents qui n’en sont pas conscients!

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