Une petite fille devant ONU

Posted by Françoise Guillaume on Samedi oct 31, 2009 Under Questions

J’ai trouvé par hasard cette vidéo sur  le site de partage Dailymotion. Je vous invite à la regarder en entier car le discours évolue.

Cette intervention est un peu ancienne (1992) mais, mis à part quelques phénomènes peu connus à l’époque (réchauffement climatique) ou quelques chiffres (la population du monde), elle est d’une totale actualité, ce qui ne manque pas d’effrayer.

Mais on parle ici du fait (une petite fille parle devant l’assemblée de l’ONU), du contenu de ce que dit la petite fille, de ce qu’en font les adultes (présents et absents).

Qu’en pensez-vous?

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La maman et la petite fille couraient, couraient,…

Posted by Françoise Guillaume on Samedi oct 24, 2009 Under Chroniques

Episode vécu, il y a quelques jours…

Entrant dans une de ces antichambres de banque où on a accès à des guichets automatiques, je me fais bousculer par une petite fille, poussée par sa maman: “Entre, entre!”. Je pense brièvement: “Bonjour la courtoisie!”

A l’intérieur, la femme ne se précipite cependant pas sur un des guichets, tourne un peu en rond, finit par dire, “je vais prendre mes extraits”. La petite fille a l’air agitée.

Reprenant ma voiture, je les vois sortir de la banque en regardant à gauche, à droite, puis courir. Je suis un peu loin, près de ma voiture, intriguée.

Deux minutes plus tard, sur le chemin du retour, je les revois, courant toujours à deux, le long du trottoir.

Je m’arrête à leur hauteur et leur demande: “Voulez-vous que je vous emmène quelque part”. Réponse comme un cri du coeur: “oui, oui”. La petite fille est très émue: “On était presque cuites, on était presque cuites”. La jeune femme à côté de moi est calme, son calme contient celui de sa fille, mais je la sens émue aussi. Elle est belle comme une actrice, j’ai  l’impression d’être dans un film.

Je roule, elles ne disent rien, je ne dis rien non plus, j’imagine qu’un père éconduit veut les coincer (mais c’en est resté au stade de l’hypothèse). Je lui demande où je peux la déposer, elle m’indique un endroit pas trop loin, elle n’ajoute rien.

Elles sont sorties de la voiture en me remerciant, repartant vers un destin inconnu.

La surprise passée, je me dis que, si on a parfois  oublié la vertu de donner l’exemple, on a aussi perdu l’habitude de demander: il y avait dans l’entrée de la banque deux femmes (une autre et moi) à qui cette jeune femme aurait pu demander l’aide qui les sortirait, elle et sa petite fille, du mauvais pas dans lequel elle se trouvait, elle ne l’a pas fait. Pourquoi?

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L’exemple, c’est qui?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi oct 17, 2009 Under Chroniques

Bien sûr, l’exemple, c’est nous!

Il est cependant tant de “nous” dans lesquels je ne me reconnais pas. Inutile d’énumérer, les photos ci-dessus parlent d’elles-mêmes…

Plus, fondamentalement, il est une attitude que je ne comprends pas, que je ne peux même pas envisager de comprendre. Quand on exerce un pouvoir sur une partie du monde, quelle qu’elle soit, il est indissociable d’une responsabilité éthique forte qui est de l’ordre de l’exemple, mais aussi de la contenance (de soi et des autres), de la reconnaissance inaliénable qu’un homme vaut un autre homme, ce qui a des conséquences sur, par exemple, ce que l’on estime décent comme écarts salariaux au sein d’une société.

On vit dans un monde qui oublie tellement ces principes dans le réel alors qu’ils sont partout présents dans le discours que, comme éducateur, on a parfois l’impression d’écoper avec une cuiller pour éviter qu’un grand navire ne coule… Et encore, il faut bien reconnaître que là aussi, il est des endroits préservés!

Ce n’est pas une raison pour ne pas agir chaque jour avec l’optimisme forcené de celui qui veut croire qu’un autre monde est possible.

Deuxième et dernier épisode des états d’âmes personnels…

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L’exemple, c’est quoi?

Posted by Françoise Guillaume on Jeudi oct 15, 2009 Under Chroniques

Photos scannées famille (2)C’est l’histoire d’une petite fille, il y a longtemps déjà.

Ses parents étaient aimants et croyants, ils passaient beaucoup de temps avec leurs enfants qu’ils initiaient à la montagne, à la musique, à la cuisine,…

La petite fille était l’aînée d’une grande famille unie. Souvent, très souvent, elle entendait: “Tu es la plus grande, tu dois montrer le bon exemple aux autres”.

Plus tard, quand elle a eu douze ans, ce fardeau lui sembla lourd, lourd, enfermant dans la solitude.

Plus tard, quand elle a eu vingt-cinq ans, elle se dit: “L’exemple, l’exemple, mais pour qui, pour quoi? C’est pour l’expérience, la pensée personnelle, que je veux vivre”. Elle commença ce long chemin, aidée par des mains secourables qui lui disaient “Mais oui, tu peux,”, qui lui montraient d’autres formes d’exemples.

Plus tard, quand elle eu quarante ans, elle se rendit compte que, finalement, si elle en était là, assez contente d’y être, c’était sans doute grâce à ses parents. Pas à ce qu’ils lui avaient dit, mais à ce qu’ils avaient montré chaque jour dans leur propre vie: se dépasser même si on se sent las, être accueillant même si on est dans sa bulle,…

Plus tard, à cinquante ans, elle pu enfin mettre des mots. L’exemple, ce  n’est pas une donnée morale, ce n’est pas une parole dite par l’adulte,  ce n’est pas un carcan enfermant pour l’enfant. C’est une tranche vitale, c’est un geste posé par l’adulte, c’est un squelette se densifiant pour l’enfant.

L’exemple, c’est ça… Mais alors, l’exemple, c’est qui?

Suite samedi…

P.S. Ce billet est une pièce dans le puzzle de la campagne “L’exemple, c’est nous“, lancée par YAPAKA

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Un cadeau pour enfants rois?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi oct 10, 2009 Under Chroniques

La mode est aux cadeaux où un choix de propositions est offert, avec un thème pour personnaliser le traditionnel et impersonnel chèque-cadeau.

Les enfants ne pouvaient pas rester écartés longtemps de ce nouvel engouement. Découvrez ce  cadeaubox “enfants rois”.

Il me semble peu judicieux d’offrir ce type de coffret à un enfant: si on décide de lui offrir une fête, on la choisit en fonction de ce que l’on connaît de lui, de ses goûts… Lui offrir le choix d’une fête, c’est se dire qu’on ne sait rien de ses plaisirs ou que l’on ne peut pas prendre conseil auprès de ses parents, bizarre!

Et puis, il y a le nom du cadeau: enfants rois! En quoi le fait de choisir une sortie permet-il d’être “enfant roi”?

Pour ceux qui n’auraient pas encore entendu  que l’enfant-roi est d’abord une victime, je vous invite à lire cet article et à extrapoler ce qui y est dit sur l’école, à la vie entière.

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Des “sciences” humaines…

Posted by Françoise Guillaume on Samedi oct 3, 2009 Under Chroniques

Cette semaine, deux informations se sont télescopées dans ma tête.

La première à la lecture d’un article de la revue Sciences humaines d’octobre qui fait référence à un article scientifique (ici): “il existe autour de 13 ans un changement net de comportement par rapport au temps. Si un enfant doit par exemple choisir entre recevoir une récompense immédiate ou une récompense plus élevée les jours suivants, la plupart des enfants de moins de 13 ans préfèrent la récompense immédiate. Après 13 ans, l’adolescent se projette plus facilement dans le futur et admet qu’il a intérêt à attendre pour obtenir mieux.

L’autre m’a été donnée par une collègue. Un petit film montre des enfants de 4 ans confrontés exactement à cette situation et la conclusion ne semble pas tout à fait identique… Regardez:


Test du Chamallow

Pour étayer un peu la réflexion, je cherche quelques références. Un article de David Servan-Schreiber (que je trouve intéressant malgré les sentiments pour le moins mitigés que m’inspire le personnage) mentionne clairement que le  test est basé sur une étude qui se trouve ici. Le test, pas le film qui n’est sans doute qu’un petit montage d’amateurs! Les enfants qui arrivent à différer la satisfaction de déguster un chamallow semblent ne pas être l’exception.

Qui donc a raison?

Je ne me lancerai pas à trancher mais énumérerai quelques éléments qui entretiennent mon intérêt et ma perplexité à l’égard de ce genre d’études de sciences humaines.

D’abord une affirmation de l’utilité de démarches qui visent à faire réfléchir les éducateurs sur les choix qu’ils opèrent dans leurs actions, qu’elles soient de l’ordre de la planification (que fait-on à quel âge?) ou du quotidien. Comme adulte, il est difficile de se représenter que la construction du temps chez les enfants met tant de temps. Tout le monde est prêt à sourire quand un petit enfant chaque jour “combien de fois dormir avant…?”, beaucoup sont énervés quand un préadolescent de 12 ans ne tient pas encore son journal de classe correctement, ne voyant dans cette tâche aucune difficulté particulière.

Mais, pour ne donner qu’un exemple …

Dans la première recherche citée (p.12), le millier de participants de 10 à 30 ans étaient recrutés par annonces dans tous les endroits où se trouvent particulièrement les jeunes. Ils étaient rémunérés pour leur participation. La mesure du “delay discounting” (p.19) (accepter un sursis pour une meilleure récompense) est mesurée par des hypothèses formulées sur un ordinateur, ce qui est bien différent de la confrontation avec la réalité (sentir, voir, toucher) de la récompense. Que mesure-t-on ainsi???

Le plus important, selon moi (cette même recherche (p.6) et ce qu’écrit DSS, le disent), se situe dans les commentaires autour de ces recherches: “les différences entre les individus dans leur attitude, mobiles, convictions à propos du futur, sont considérables et varient beaucoup en fonction de facteurs se surajoutant à l’âge ou au degré de développement”.

L’éducation a encore de beaux jours devant elle!

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