“Ma mère fume-t-elle?” Alors, soignons le mal par le mal!

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 29, 2010 Under Chroniques

Une étude récente montre que, quand la femme enceinte fume, le bébé nait accro à la nicotine, ce qui est, dixit la chercheuse “un très gros problème” (ici). Qu’à cela ne tienne, soignons le mal par le mal:

Trêve de plaisanterie, ces deux faits signent des aspects très différents: d’abord ils font porter un poids sur la mère qui est chaque jour plus grand. Ainsi, certaines filles vont passer en quelques années, quelques mois, quelques jours parfois du statut d’adolescente où toutes les expériences sont permises, si pas encouragées, à celui de future mère où plus rien de cet ordre (l’étude porte sur des femmes fumant plus de 10 cigarettes par jour) n’est anodin: tabac, alcool, autres substances,… leur corps devient (de plus en plus?) un sanctuaire pour le bébé à venir.

Puis, il y a ce bébé gros fumeur (plus de 40 cigarettes) à 2 ans, en Asie. Ces images choquantes en Occident où les méfaits du tabac sont connus de tous, sont à remettre dans le contexte: la pollution, les dangers vitaux de toutes nature sont tels dans certaines régions de ces pays que la cigarette apparait comme bien inoffensive :  l’Indonésie occupe la 133ème place dans le classement mondial de l’espérance de vie à la naissance, la Belgique le 33ème et la France le 8ème (voir ici).

Cet épisode montre surtout que ce n’est pas seulement en Occident que le statut de l’enfant a changé et qu’il est considéré comme un petit adulte. Mais peut-être ici les raisons économiques n’ont-elles jamais permis qu’on le regarde comme un enfant!

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“Mon père bande-t-il?”

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 22, 2010 Under Questions

troubles érection Entendu de nombreuses fois à la radio (le plus souvent en voiture) un message de type publicitaire: “J’ai acheté de la nouvelle lingerie, il ne l’a même pas remarqué”. Un homme sur 3 de plus de 40 ans a des troubles de l’érection. Parlez-en, parlons-en!”

A chaque écoute, la même pensée: si j’étais un homme de 45 ans en voiture avec son fils de 15-16 ans, qu’est-ce que je ressentirais? Et si j’étais le garçon, comment pourrais-je m’empêcher de me demander: “Mon père est-il dans ce tiers d’homme?”

Parlons-en? Bien sûr que le message induit plutôt la discussion entre couple mais que peut-on faire avec ce type d’irruption irrépressible dans la relation père-fils? C’est la question de la semaine…

Le sommet, c’est qu’en explorant un peu pour trouver la version audio du spot  (sans succès!), il est apparu que cette campagne n’est absolument pas une campagne d’information de santé publique mais bien une campagne de publicité pour des médicaments qui “résolvent” ce genre de problème voir ici, l’avis d’une organisation de consommateurs, ici, le site de la campagne et , l’avis du Jury d’éthique publicitaire, qui approuve). Du pur commercial en fait…

Qui, de plus, laisse entendre qu’en parlant, on peut (à juste titre)  résoudre ces questions mais qui, de fait, vous conduira chez le médecin qui vous prescrira une de ces innombrables pilules du bonheur que notre société s’est fabriquées!

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Autres temps, autres enfants, autres vêtements,…

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 15, 2010 Under Chroniques

Et autres fantasmes de parents!

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Observer, écouter, comprendre,accompagner

Posted by Françoise Guillaume on Samedi mai 8, 2010 Under Une touche d'optimisme

ados vicdélVoilà un livre qui donne envie d’espérer. Espérer que l’on commence à dépasser les clivages stériles, voire destructeurs, dans lesquels voudraient nous cantonner les experts de tous bords. Comme ceux qui obligent à cataloguer les jeunes dans des catégories comme “victime” ou “délinquant”. L’auteur nous donne plusieurs exemples où la double vision s’impose.

Et avec elle, une approche un peu moins dichotomique des jeunes “à problème”. L’ouvrage décline plusieurs lieux de vie où évoluent ces jeunes. Il pose plus de questions qu’il n’y répond mais c’est très bien ainsi.

Il propose surtout une approche plus globale de l’aide à ces jeunes. “Se positionner dans la relation clinique, c’est d’abord prendre conscience de sa position dans le monde. La façon de se positionner dans le monde influence directement les postures cliniques qui, elles conditionnent l’efficacité de la relation clinique.” (p.122)

Dépassant la querelle des psys qui misent tout sur la parole (alors que certains jeunes souffrent justement de ne plus croire en aucune forme de parole) et des neuro… qui fournissent une explication biologique (et donc un remède de même type) à tout problème, Daniel Derivois propose un nouveau concept, plus ébauché que complètement cerné dans l’ouvrage: “Nous tendons vers une clinique de la mondialité qui suppose un décentrage nécessaire. Les cliniciens (…) n’ont pas le choix. Ils doivent composer avec la complexité clinique et la mondialité dans leurs pratiques et leurs démarches d’élaboration, de compréhension, d’interprétation et de restitution du travail effectué avec leurs “patients”.

Les cliniciens de demain seront ceux qui, tout en se situant et se pensant dans le même monde que leurs “patients”, saurons écouter en eux le mondial dans l’intrapsychique et co-sentir l’intime dans le global. Ce seront ceux qui sauront entendre et écouter les battements du monde dans chaque mot, chaque geste, chaque souffle survenu dans la relation clinique. Ce seront ceux qui sauront d’abord se penser, pour ensuite penser les patients et les aider à se penser avant tout dans l’environnement monde.” (p.139)

Quel programme! On sent bien qu’il est ambitieux et encore trop imprécis et cependant, il rejoint la conviction qui monte chaque jour en moi, que c’est dans la qualité de la relation humaine, dans l’engagement (professionnel) que l’adulte y investit, que l’on tisse avec un adolescent des liens tels qu’il peut, parfois par-devers ou supplémentairement à des thérapies spécifiques, prendre pied dans le si complexe monde actuel!

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A l’opposé de ce que je décrivais la semaine dernière, une institution dans un hôpital universitaire bruxellois (ici), institution accueillant des adolescents en grosse détresse psychique, s’est donnée 4 lignes de conduite (d’après un exposé entendu en décembre):

- à l’arrivée de l’adolescent, suspendre le diagnostic. Car le diagnostic enferme l’adolescent, il induit des solutions qui brident de fait toute créativité, il installe l’adolescent dans un posture de malade alors qu’il est peut-être simplement en crise passagère. Mais, en Belgique, la prise en charge par la Sécurité sociale, implique un diagnostic de type DSM IV (voir semaine dernière). D’où impasse!adolescente en difficulté

- prescrire les médicaments a minima

- dans l’équipe, répartir les fonctions éducatives sur tous les permanents

- s’abstenir d’établir des contrats sur les comportements, les symptômes.

Le travail en équipe et le suivi des adolescents sont les lignes d’actions bien décrites sur le site (lien ci-dessus).

En comparaison avec le processus de dépistage, diagnostic, remédiation décrit la semaine dernière, vous voyez qu’on est presque à l’exact opposé.

Oui mais, me direz-vous, on est aussi à un autre stade: adolescence vs enfance, difficultés avérées vs dépistage de masse préventif. Certes! Et cependant, ces distinguos ne sont pas, pour moi, significatifs: c’est à chaque étape que la philosophie de l’approche de l’enfant pressenti ou en difficulté, doit suivre les mêmes principes: l’humain avant tout, la confiance dans le fait qu’il peut sortir de ses difficultés, en partenariat avec les adultes.

La semaine prochaine, dernier épisode, dans un livre qui présente ce type d’approche sur le terrain…

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