Pédagogie sur Facebook?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 25, 2010 Under Chroniques

interdit facebookCette semaine, un tout jeune enseignant dans l’école vient me demander ce que je pense de la création d’une page Facebook pour communiquer certains documents qu’il utilise en classe avec les élèves. La première réaction (intérieure!): “Nooooooooooooooooon!!!!”.

Facebook, cela fait des années que j’entends parler dans l’école, discussions suivies (ou non!) d’ajustements.

J’en ai déjà parlé ici, ici et !

A début, tel ou telle enseignant(e) crée son profil et accepte des élèves comme amis. On a fini par comprendre que ce n’était pas un bon mélange des genres et par n’accepter comme amis que les anciens élèves, sans régler définitivement le problème des anciens élèves d’un prof qui sont encore élèves dans l’école!

Plus tard, une bagarre avec un groupe venu d’une autre école éclate devant l’école avec intervention de la police, une remarque sur Facebook d’un ami d’ami qui a été mal comprise, on ne saura jamais laquelle puisque les parents (par ailleurs très inquiets) n’ont pas jugé utile de demander à leur enfant de voir ce qui avait suscité ce branle-bas de combat général.

Régulièrement encore, des parents téléphonent pour demander de l’aide: leur enfant se fait insulter sur Facebook et ils ne savent que faire. Conscient que la plupart des adultes sont désarçonnés devant ces nouveaux modes de communication, on conseille, on aide, on intervient parfois.

Non, bien sûr, il n’a jamais été question de réglementer; de toutes façons, c’est interdit! (voir ici), plutôt de comprendre pour accompagner au mieux l’inévitable (et par ailleurs pas seulement négative) évolution du monde.

Ce cas-ci (une relation pédagogique dans un réseau social virtuel), je n’y avais jamais encore pensé et a priori, je trouve que ce n’est pas une bonne idée même si je comprends que ce jeune l’ait eue, il y a bien des émissions radio qui ont leur page Facebook (ici) et des hommes/femmes politiques aussi (ici). Notons que, dans ce cas, les amis sont remplacés par ceux qui aiment “ça”, neutre que je ne trouve que moyennement flatteur pour les politiciens!

Quelle raison à cette hostilité, autre que celle que les “croulants” réservent à toute nouveauté?

Une des donnes nouvelles de l’école (depuis une ou deux décennies) est de former les ados à séparer le “social affectif” du “social dans les apprentissages”. Autrement dit de leur permettre de construire des relations sociales dans le travail qui ne soient pas nécessairement étayées par un lien affectif fort. La tâche est particulièrement rude dans une école qui a inclus la dimension de l’éducation à la vie en société dans son projet (ici). Et atteint son maximum pour les adolescents de 14 à 16 ans.

On tient bon, contre vents et marées, contre parents qui ne comprennent pas toujours et enseignants qui interprètent à leur sauce, ce souci commun.

Mais, créer une page Facebook pour établir un lien pédagogique avec ses élèves, c’est encore remettre une couche de confusion là où il est déjà si difficile d’y voir clair!

Alors, je lui ai proposé de construire, comme d’autres enseignants, un petit site accessible seulement à lui et à ses élèves, avec l’aide de la responsable multimédia de l’école.

Et d’en parler avec d’autres collègues qui avaient déjà vécu toute l’histoire…

Maintenant,  quand je lis par ailleurs que “Facebook, l’avenir d’Internet” (ici), que les recruteurs recherchent le profil des candidats sur les réseaux sociaux (ici), je ne suis pas si sûre d’avoir raison et  je me demande si je ne vis pas dans le  monde, dépassée une fois pour toutes!

P.S. J’ai découvert (sans avoir le temps d’en prendre vraiment connaissance) un site qui traite de cette question de manière sans doute plus approfondie (ici): pour un prochain billet?

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Phobie scolaire

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 18, 2010 Under Chroniques

peur écoleBrigitte Beautier, présidente de l’ASBL L’Ecole à l’Hôpital et à Domicile, interviewée à propos de la phobie scolaire, répond à la question:

“Vous évoquiez la pression familiale à la réussite. Y voyez-vous un facteur explicatif?”

“Il y a une crise de l’institution familiale et de l’école, qui se renvoient la balle. Moi, je crois qu’il y a un problème dans la famille, qui ne remplit plus sa fonction. L’enfant du désir arrive pour l’épanouissement du couple et en retour les parents sont là pour l’épanouissement de leur enfant. L’enfant ne vient plus au monde, mais vient à soi…

On veut le meilleur pour nos enfants tout en les rendant autonomes, mais paradoxalement, sans les confronter aux limites et aux contraintes de la vie en société. Tout se négocie. Et quand le jeune arrive dans le monde sociétal, marqué par l’entrée en secondaire, on reproche à l’école de refuser la singularité de l’enfant. En axant toute l’éducation de l’enfant sur sa singularité, on croit construire son identité, mais c’est oublier qu’une identité se construit face aux autres. C’est comme si les autres étaient une menace. La situation devient critique quand l’enfant n’arrive plus à répondre à la pression sur ses performances scolaires. Ce n’est pas un hasard si le jeune choisit l’école comme symptôme de son mal-être.” (Pour la totalité de l’interview, voir ici p.36)

Rien de bien nouveau, me direz-vous… Non, mais c’est bien de se le dire et redire souvent comme une clé de lecture de base,…

P.S. J’avis déjà écrit, il y a longtemps un billet sur la phobie scolaire, sur un mode plus approfondi et personnel. C’est ici!

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“Va, vis et deviens”

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 11, 2010 Under Questions


Va vis et deviens
envoyé par BlogEA. –

Au-delà de la belle émotion que traduit cet extrait, se pose une question tellement éternelle: que choisir pour ses enfants en vue de ce qu’on croit être leur bien?

Le fait est que le reste du film montre que tout n’est pas rose pour ce jeune, arraché à sa mère et propulsé dans une société qui n’a rien à voir avec ses racines.

Mais cet acte est tellement compréhensible et part d’une telle abnégation que l’on peut le comprendre (il faut voir le film jusqu’à la fin pour comprendre ce que cette femme, cette famille a enduré).

D’autant plus si on prend en compte le miroir aux aloutettes que représente les sociétés occidentales pour tous ceux qui n’y ont accès que par les images faussées véhiculées par le bouche à oreille et par les medias.

Auriez-vous agi comme cette maman?

P.S.Je ne peux que vous conseiller à voir le film en entier(il est sorti en DVD), il traite de questions multiples avec tact et humanité.

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Le fond et la forme

Posted by Françoise Guillaume on Samedi sept 4, 2010 Under Questions

Le fond et la forme: une expression vieille comme l’enseignement!se mettre au vert

Changer la forme, voilà l’occasion de faire le point sur le fond!

Un peu plus de deux ans de chroniques hebdomadaires, c’est une centaine de billets, tournant toujours sur le statut de l’enfant dans nos sociétés, parfois légers, parfois consistants, qui permettent d’aborder la question du statut de l’enfant et de l’adolescent par ces nombreuses facettes.

L’occasion de vous renvoyer aux billets les plus significatifs, à mes yeux!

Dans un inventaire, presqu’à la Prévert, il a été question:

- des nouvelles dimensions  de la filiation aujourd’hui (ici, ici et )

- des relations entre les garçons et les filles, de la place de la sexualité aujourd’hui (ici et )

- de regard sur la mort dans nos sociétés et des conséquences pour nos ados en particulier (ici et )

- des contradictions du statut de mineur dans notre société (ici)

- des usages des nouvelles technologies et des réseaux sociaux associés (ici, ici, ici et )

- de l’école et de sa relation au monde (ici, ici et )

Une occasion pour ceux qui ne connaissent pas le blog d’en prendre connaissance par ses entrées les plus importantes (appréciation personnelle!), pour ceux qui le connaissent déjà de revoir comment se structure la mosaïque!

Se pose inévitablement la question de savoir comment continuer sans redite! Pas de vraie réponse, oscillation entre :”ce n’est pas si grave de revenir par divers biais sur le même thème” et “comment ne pas s’essouffler?”

Votre avis? Sur le fond et la forme?

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