Psy familial en ligne

Posted by Françoise Guillaume on Samedi nov 27, 2010 Under Questions

Un de vos commentaires (ici) remarquait que, en parlant d’interactivité avec l’ordinateur, j’occultais la relation qui pouvait s’instaurer entre internautes.

Certes et sans nier l’apport potentiel, peut-on vraiment croire que ce type de relation remplace le contact direct? Tout ce qui est non-verbal (à supposer que l’écrit puisse transcrire exactement le verbal, ce qui est loin d’être sûr) n’intervient-il pas massivement dans la relation: la longueur d’un silence, les tortillements sur le siège, les petits gestes apparemment sans sens,…?

psy en ligneAinsi peut-on croire qu’un site de psy en ligne comme celui-ci (prenez le temps de le parcourir) va remplacer un “vrai” entretien avec un psy?

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Les chats ou les enfants?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi nov 20, 2010 Under Chroniques

Véto ou instit 1Sourire à la lecture d’un thriller, trouvé dans la bibliothèque partagée de l’école: “Dans la peau” de Nicci French (Pocket).

“Le plus drôle quand les gens apprennent que je suis institutrice, c’est de les entendre m’envier les courtes journées de travail et les longues vacances. C’est de bonne guerre, j’en conviens, dans la mesure où c’est une des raisons les moins avouables qui m’ont poussée à choisir ce boulot. Mon parcours scolaire n’ayant pas été un succès foudroyant, je n’avais pas les qualifications pour me lancer dans des études véto instit 2vraiment importantes, comme apprendre à soigner les chats malades, ce qui avait été mes ambitions dans mes très jeunes années. Mes notes me permettaient juste d’enseigner  aux enfants. Ca m’allait bien, j’aimais les enfants, leur transparence, leur ardeur, leur certitude que tout est possible.”

Sans commentaire! La Belgique n’est donc pas le seul pays où l’on croit qu’enseigner est nécessairement “plus facile” que de soigner les animaux,…

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Internet remplace l’école ?(3)

Posted by Françoise Guillaume on Samedi nov 13, 2010 Under Chroniques

Pour clôturer cette mini-série, l’ordinateur ou le prof?

Avec l’ordinateur, on est en interactivité; avec le prof, en relation. C’est toute la différence!

Aujourd’hui, je prendrai un seul aspect de ce qui est nécessairement complexe: celui des savoirs.

Par sa formation, le prof en sait plus que les élèves. Il est même extrêmement important qu’il en sache beaucoup plus, qu’il puisse rapporter ce qu’un élève avance à un corpus bien étayé et solide (entre parenthèse, c’est une raison suffisante pour plaider pour l’allongement des études pour devenir professeur en Belgique: aujourd’hui, 3 ans d’études supérieures suffisent pour enseigner à des adolescents jusqu’à 15 ans, c’est trop peu, en particulier en terme de savoirs).

C’est à cette condition qu’il pourra prendre les hypothèses formulées par les élèves pour amener le groupe et chacun de ceux qui le composent, à s’approprier un savoir correspondant à l’âge et à l’objectif visé (qui ne sera pas le même selon qu’on est dans un cours de langue maternelle ou dans un cours de langue étrangère, par exemple)

Mais il est aussi intéressant que l’enseignant ne sache pas à certains moments et qu’il le disent aux élèves.


La relation élève-professeur
envoyé par centrepompidou.

C’est là que commence la vraie relation pédagogique: dans l’idée qu’il y a et qu’il y aura toujours des domaines (même si le prof en est “spécialiste”) où on apprendra ensemble!

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Internet remplace l’école? (2)

Posted by Françoise Guillaume on Samedi nov 6, 2010 Under Chroniques

Bien consciente que l’ampleur de  la question de la semaine dernière, je me suis demandé s’il était bien légitime et/ou malin de l’aborder via un blog. La loi du genre impose des billets courts; comment prétendre y aborder une problématique complexe aux multiples facettes? Qui plus est, dans un domaine que je pratique depuis plus de trente ans : la pédagogie centrée sur l’élève? Une seule voie, la modestie complétée par l’obstination! Ci-après, une petite réponse partielle à une grande question. Plus tard, d’autres billets sur des thèmes similaires qui affineront, éclaireront, préciseront,…

En lisant la référence en français proposée la semaine dernière, on a l’impression que l’expérience HIWEL menée en Inde remplace l’école. Image forte: les enfants peuvent s’auto-organiser autour d’un ordinateur public pour apprendre. Le concept lui-même de MIE (minimum invasive education) est séduisant et conforte ceux qui ne voient dans l’école qu’une institution du 19ème siècle dont il faut se débarrasser au plus vite.

Mais une lecture plus attentive montre que la réalité n’est pas si simple. D’abord, quand on lit les articles scientifiques qui figurent sur le site “Hole in the wall”, on s’aperçoit que tous les enfants fréquentent l’école, par ailleurs proche de l’ordinateur. La question n’est donc pas: l’ordinateur OU l’école? Mais bien: comment des enfants déjà structurés par l’école (et parfois très particulièrement structurés, comme le dit le commentaire de Bernard de cette semaine), peuvent-ils tirer parti d’un outil comme Internet? La distinction est, à mon avis, fondamentale.

Puis, comme le dit un témoin direct qui a passé huit mois sur place (ici), comment accepter le clivage entre ceux qui vont à l’ordinateur et les autres (les garçons y sont plus assidus que les filles, par exemple)? Comment expliquer qu’il ait été jugé utile de placer un adulte près de l’ordinateur pour aider les adolescents?

Cela montre que ce n’est pas l’école qu’il faut mettre aux oubliettes mais bien certaines conceptions pédagogiques dans l’école, que ce n’est pas encore demain que l’homme ou la femme qui introduit l’enfant au monde, sera remplacé par une machine!

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