Comment le marché s’adapte aux “digital natives”!

Posted by Françoise Guillaume on Samedi déc 18, 2010 Under Chroniques

Dernier épisode sur les petites filles et leurs rêves de princesses, supposés innés et définitifs…

Pour “faire vrai” (et à moindre frais), les publicitaires des fabricants de jouets ont imaginé une nouvelle tactique, très high tech: proposer aux petites filles de filmer leurs jeux avec leur poupée fétiche, un concours à la clé.

Et l’affaire est dans le sac, voici un extrait du site Barbie avec une des gagnante du jeu.

Après l’identification à l’image idéale de la semaine dernière, l’identification à l’identique, tout aussi efficace pour uniformiser tout le monde!

Quand j’étais enfant, la poupée Barbie existait déjà (elle a 50 ans, même si elle ne les fait pas!) Mes parents ont toujours refusé de m’en acheter une. Ce qui veut dire que je l’avais demandée : ça, je ne m’en souviens pas; mais de leur refus, si!

Je laisse aux psy en ligne le soin d’interpréter…

Ce qui ne m’empêche pas de penser que ce bourrage de crâne de plus d’un demi-siècle se perpétue au nom d’un marché qui est plus puissant, quel que soit le prix (non monétaire) à payer par les enfants, leur construction comme personne, comme fille en particulier.

De quoi rester songeuse, pour ne pas dire indignée, voire révoltée…

P.S. 1 Dans le même genre, le film ci-dessous, qui ressemble à un film de gamin posté sur Dailymotion, est en fait une pub pour sac à dos qui fait le buzz sur le Net. Les publicitaires peuvent à juste dire se dire créatifs (sans préciser au service de quoi…)!


P.S.2 Prochaine chronique le 8 janvier. Bonne fin d’année à tous!
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“Le rêve devient roi, je suis une fille comme toi!”

Posted by Françoise Guillaume on Samedi déc 11, 2010 Under Chroniques

Dans la suite du billet de la semaine dernière sur la place des filles dans la société, sur un autre versant…

Un extrait édifiant sur le thème de “comment éduquer les filles à la réalité sociale d’aujourd’hui?”

Cela peut faire sourire (d’attendrissement ou d’ironie) mais comment ne pas être révolté par ce que ce genre de bourrage de crâne implique à long terme: la société se dualise de manière évidente chaque jour mais ce n’est pas grave puisque “je suis une fille comme toi” est chanté par l’esclave et la princesse, de concert, habillée de la même manière, parlant avec le même vocabulaire; puisque les robes (quand même confectionnées dans un “pénitencier”-maison de couture), sont faciles à faire et que toutes deux en chantent de bonheur…

Un rêve de décembre auquel les marchés  voudraient que l’on croie pour mieux consommer, quitte à se surendetter pour certains…

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Mini-miss, maxi-marché?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi déc 4, 2010 Under Chroniques

Trois vidéos: une courte qui présente la situation, deux longues qui analysent toutes les composantes: des fillettes qui “aiment les robes de princesse”, les mères ou grand-mères qui laissent faire ou concrétisent leurs propres rêves d’enfant, les “évènementiels” qui étendent le bon filon des miss adultes, le psy qui évoque les répercussions potentielles sur le psychisme (bien mieux développées dans un texte de YAPAKA), la sociologue qui parle avec justesse d’une assignation à une féminité très travaillée, d’érotisation des enfants,… Et où, en prime, l’art est convoqué pour justifier l’injustifiable!

Un élément m’a semblé particulièrement frappant:  la négation de la sexualisation des petites filles. Dans le débat, plusieurs fois, les organisateurs insistent: “les petites filles ne peuvent pas être maquillées, elles doivent être naturelles”. Il suffit de regarder la manière dont elles défilent (le déhanchement, les poses, les sourires) pour en apprécier le naturel! Tout dans les actes et dans le discours accrédite l’idée que la beauté, le charme “travaillés” sont des atouts indéniables pour les petites filles.

Il est certes beaucoup d’endroits (surtout dans nos sociétés) ce l’est. Mais pas tous, en tout cas pas n’importe comment… Je me rappelle avoir engagé une jeune enseignante qui me semblait réunir toutes les compétences voulues. La seule réticence: “pourvu qu’elle ait un rapport clair à  son potentiel de séduction” (ce qui était effectivement le cas). Si non, c’était mal parti pour travailler avec des ados…

La mise en avant de cette séduction, présentée comme étant une caractéristique incontournable des filles, a des effets qui ne sont pas réservés aux seules mini-miss. Ces spectacles sont  médiatisés, ils sont l’objet de conversations dans les cours de récréation. Les conséquences portent donc sur un grand nombre de filles (et par rebond sur les garçons qui les entourent): “pourquoi est-elle suffisamment jolie, a-t-elle des parents qui veulent bien, qui l’aident,…? Alors que moi,…”

En terme de socialisation, que de dégâts! Tout cela pour que de nouveaux marchés s’ouvrent et  permettent à des adultes d’amasser de l’argent sous prétexte de répondre à une demande. Et ce n’est ni la sociologue ni le psy qui les feront changer d’avis.

Par dessus-tout, il en ressort l’impression d’une société où tous les points de vue peuvent se défendre, toutes les attitudes (ou presque) se comprendre, sans que rien ne puisse venir perturber la machine à consommer, à créer des images et des rêves factices, qu’est devenue notre société.

D’où peut venir le changement?


Mini Miss (1ère partie)
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minimisspart2
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