“My mom” ou comment la création peut “réparer” psychiquement
Posted by Françoise Guillaume on Samedi jan 29, 2011 Under Une touche d'optimismeLe présent post interprète une idée développée par Maurice Corcos, pédopsychiatre à Paris, entendu lors d’un colloque sur l’adolescence.
Le titre de son intervention était “Terreur d’exister-Fureur de vivre”. Il y parlait des adolescents “border-line”, ceux qui ont une structure psychique fragile qui les placent à la frontière entre les traditionnels névrosés comme il en existe tant et les psychotiques qui souffrent de vrais troubles psychiatriques.
Il y développe l’idée que des traumatismes vécus par le bébé qui deviendra “border-line”, sont ré-éprouvés à l’adolescence et parfois plus tard encore. Les terreurs qui surgissent de ces reviviscences peuvent (mais pas toujours) être transformées en fureur de vivre qui est catalysée sous forme de création par de nombreux artistes. Il citait Eminem comme exemple et, après recherche, c’est assez convainquant et j’ai envoie de le partager avec vous!
Eminem est sans doute le rappeur le plus connu de la planète. Il a vendu des dizaines de millions de disques et remporté plusieurs prix comme parolier.
Voyons sur l’exemple proposé, une chanson “My mom” (ma maman), de l’album Relapse:
Puis mettons les paroles en relation avec des informations extraites d’un site, ici
Eminem revisite les maisons de son enfance difficile dès qu’il a besoin d’inspiration, et il révèle que ces voyages lui permettent de lui rappeler la chance qu’il a.
Le rappeur quitte souvent la banlieue de Detroit dans le Michigan, où il vit maintenant, pour se rendre dans le voisinage, où il a grandi, et pour voir les changements des maisons dans lesquelles il a vécues.
Il confie au magazine Spin:
«Ça peut paraître bizarre, mais je me promène et j’essaie de me souvenir de comment les choses étaient lorsque je vivais dans ces maisons.
J’y retourne et je me souviens comment la vie était avant. Comment c’était difficile. Avec le temps qui passe, on peut apprécier sa vie et oublier celle d’avant.»
La question de savoir si ce qu’il raconte dans la chanson est exact ou exagéré, voire inventé (au sens de la vérité historique), n’a aucune importance, en tant que tel.
La démonstration est claire qu’une structure psychique a priori compliquée à vivre peut se transformer en un atout, même si on a peu de moyens fiables d’en connaître le prix payé par cet homme!
L’argument donne aussi appui à ceux qui multiplient les occasions pour les jeunes de créer et de s’exprimer par l’art…

