Une autre forme de transmission dans l’école?

Posted by Françoise Guillaume on Samedi nov 12, 2011 Under Chroniques

désert 2En Belgique, les voyages de fin d’études (dites Rhétos, équivalent Terminales) sont une vieille tradition dans beaucoup d’écoles. Un voyage culturel, censé clôturer un parcours de transmission de savoirs en allant le terrain voir “en vrai” ce dont on a si souvent parlé (par exemple, un voyage en Grèce).

Depuis des années, problèmes d’alcool, de dragues et apparentés ont amené nombre d’écoles à y renoncer (pour la petite histoire, dans l’école que je fréquentais, il avait été supprimé compte tenu du filles qui en revenaient enceintes, c’était dans la première moitié des années 70!).

D’autres ont transformé, déplaçant l’objectif d’apprentissage vers un objectif éducatif. Ainsi, je suis tombée, dans une salle d’attente, sur un article d’un magazine féminin daté de 2008 qui racontait la randonnée dans le désert d’un groupe de 78 lycéens, accompagnés de 7 enseignants et du proviseur de l’école. Précisons que le voyage était 100% sans alcool, avec des menaces de sanctions lourdes si la consigne n’était pas respectée. Je vous livre quelques réactions d’élèves:

“C’est la première fois que je me fais réveiller par un coq”

“On n’est pas des alcoolos, mais à Bruxelles, des soirées sans alcool, on ne le fait jamais. Ce qui fait plaisir, c’est de voir qu’on peut se marrer tout autant. Si pas plus.”

“Ce qui est génial, c’est qu’on parle à des gens à qui on ne parle jamais: on ne peut pas demander à ses potes de marcher au même rythme; alors on discute avec celui qui est à côté. Les barrières sont deletées.”

“Au fait, il n’y a ps de douche, ici? C’est là qu’on se rend compte de nos habitudes d’Occidentaux. Et quand on va rentrer et qu’on va les retrouver, ça va être le paradis!”

“Chez moi, je suis tout le temps sur l’ordi. Ici, j’y ai même pas pensé. On se rend compte qu’au final, on a besoin de rien.”

“C”est vrai. En Belgique, je suis super accro au GSM. Mais après quelques jours, je ne voulais même plus l’allumer. En général, je fais hyper gaffe à mes habits, à mes cheveux et là, je mettais tout le temps le même pull.”

Evidemment, les puristes pourront dire :”ce n’est pas le rôle de l’école, où donc est la transmission de savoirs, de compétences, de culture?” Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que, sans l’école, ces jeunes n’auraient pas vécu cette expérience (attention, je ne dis pas que toutes les écoles doivent organiser ce genre de voyage!) et qu’ils auraient perdu une occasion de regarder le monde autrement!

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Pour la suppression des notes à l’école élémentaire!

Posted by Françoise Guillaume on Samedi nov 5, 2011 Under Chroniques

suppression des notesOn pourrait croire que ce billet et celui de la semaine dernière n’ont rien à voir l’un avec l’autre et pourtant, à mon avis, si!

Car c’est dans la note, attribuée trop tôt, que commence la logique économique de l’école! La note permet la compétition permanente, la sélection entre élèves; elle hiérarchise une société qui n’a pas besoin de cela pour l’être déjà trop…

Beaucoup d’intellectuels français ont signé cet appel (voir ici), ce qui montre sa validité.

Pour avoir pratiqué dans une école sans note jusqu’à l’avant-dernière année du collège et sans classement aucun, à aucun stade de la scolarité, je peux vous dire que ça marche! Pas nécessairement absolument partout, tout le temps; mais pourrait-on essayer un bout de chemin pour extraire l’école de l’ultra-libéralisme ambiant?

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