Une bonne idée pour l’été!

Posted by Françoise Guillaume on Samedi juin 29, 2013 Under Pédagogie active

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L’été, c’est un moment privilégié pour l’observation de la nature: les fourmis dans le jardins, les oiseaux dans les arbres, les herbes aromatiques qui poussent dans les pots ou dans le jardin,…

Pour ceux qui ne peuvent pas profiter d’un espace naturel à portée de main, voici une idée: un élevage de larves qui deviendront des papillons.

C’est un peu du green-marketing au service de la pédagogie active: tout y est pour une expérience réussie où les enfants peuvent observer, dessiner, revenir sur les différentes étapes, formuler des hypothèses auxquelles un adulte peut (ou non) répondre…

En tout cas une bonne idée d’occupation pour les vacances (il faut 3 à 5 semaines pour le processus complet).

Bel été et rendez-vous à la rentrée!

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Faut-il modifier la Convention des Droits de l’Enfant? (fin!)

Posted by Françoise Guillaume on Samedi juin 22, 2013 Under Enfance

MoiOn l’a vu dans les semaines précédentes, la Convention offre un cadre difficile à cerner de près. Les deux types de droits, les droits-créances (”droits à” et les droits-libertés (droits de”), sont-ils à maintenir ? La notion d’intérêt supérieur de l’enfant doit-elle être précisée ? Y a-t-il lieu de préciser des périodes de la vie pour déterminer quel type de liberté accorder à quel âge ?

Pour les droits humains en général, les droits-libertés priment sur les droits-créances dans nos sociétés : si un livre est censuré, on va en appeler bruyamment à la liberté d’expression mais qu’un homme n’ait pas de logement n’émeut plus grand monde. Pour les droits de l’enfant, les droits-créances sont globalement mieux respectés, bien que nous ayons vus que les situations de précarité qui se reproduisent de génération en génération, entravent gravement l’exercice de ces droits.

Aujourd’hui, dans nos sociétés, ces tensions sont non explicitées. Tout le monde raisonne comme s’il y avait moyen d’avoir tout, sans restriction. Cependant, ce n’est qu’en clarifiant les articulations qui existent entre ces deux pôles que l’on pourra construire peu à peu, à partir de chaque réalité.

De manière plus générale, il conviendrait de stopper la place envahissante qu’a pris le droit dans nos sociétés. Privés de l’hétéronomie de la société des derniers siècles, nous avons cru que la loi explicite pourrait remplacer la Loi implicite. Or, aussi loin qu’aille l’écrit, il reste toujours des interstices pour que chacun interprète l’écrit. Ce n’est qu’en admettant ce fait, en remplaçant la logique du « Tu as un avis, j’en ai un autre, restons-en là » par une dynamique de réflexion collective (au niveau d’une institution, de groupes plus informels ou plus larges) que nous pourront évoluer vers plus de « bon sens commun » qui permette à chacun de prendre sa place. Redisons-le : « Il faut tout un village pour éduquer un enfant ».

La Convention a signé le changement du regard sur l’enfance dans nos sociétés. L’enfant doit être considéré à la fois comme un alter ego et comme un être à éduquer, à insérer dans la communauté humaine. Mais, au même titre que les Droits de l’Homme ne peuvent constituer une politique, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ne peut définir une ligne éducative.

Seriner sur tous les tons que les enfants ont des droits est le plus souvent contreproductif au processus éducatif. Il faut agir, parler sur des cas précis en obligeant à la réflexion et non se dédouaner en informant « à vide », par exemple sur les droits de l’enfant.

Les droits de l’enfant ne doivent faire l’objet d’aucune forme d’enseignement, c’est autrement qu’ils doivent s’exercer. Les nombreux exemples évoqués nous ont montré qu’il y a matière !

L’enjeu principal dans nos sociétés nouvellement démocratiques (n’oublions pas que le droit de vote pour tous ne date que de quelques décennies), c’est d’écouter l’enfant, tout en l’aidant à se construire, à se penser lui, en tant que sujet mais aussi comme un parmi les autres.

Se penser, c’est mettre à distance l’émotion, sans se les interdire, c’est différer les pulsions, c’est apprendre à symboliser pour ne pas être esclave de soi.

La société dans son ensemble doit prendre conscience de sa responsabilité globale et trouver le moyen de limiter le pouvoir ultralibéral de nos sociétés de consommation, en prenant particulièrement garde aux enfants. Songeons à l’aberration que représente l’interdiction de la publicité sur les chaines françaises après 19h (qui a d’ailleurs amené une hausse de 40% des recettes publicitaires des autres tranches horaires). Pourquoi préserver les adultes, alors que les plus vulnérables à ce type de sollicitation sont les enfants ? Sachant que les enfants sont à l’origine de 45% des achats, aurons-nous le courage d’inverser la vapeur ?

Dans la même optique de formation d’un sujet de droit, l’école doit prendre conscience que sa mission de transmission porte davantage sur les liens que sur les agrégats préformés de contenus vides de sens. Elle doit admettre une fois pour toutes qu’elle est la première institution que rencontre l’enfant et qu’à ce titre, elle a une mission d’éducation qui lui est irrévocablement dévolue, qu’elle est le premier lieu où les droits de l’enfant doivent être respectés, strictement respectés.

L’enfant pourra ainsi se penser, de sa place d’enfant qui sait qu’il y aura toujours dans son entourage un adulte prêt à l’écouter, partir de ce qu’il dit et de ce qu’il est pour l’amener sur le chemin de la communauté humaine, y compris en le limitant de manière circonstanciée et adaptée.

L’enfant pourra ainsi se construire peu à peu comme un parmi les autres. La classe (mais aussi toute autre collectivité d’enfants et d’adolescents) est le lieu privilégié pour cet apprentissage, elle n’est en aucun cas une juxtaposition d’individus-élèves mais une collectivité où chacun a des responsabilités (parfois très pragmatique comme nourrir le lapin de la classe), où des moments d’explications mutuelles sont fréquents, où le travail de groupe est organisé par l’enseignant de manière à faire tourner les responsabilités et varier l’exercice des compétences.

Cohérente avec cet objectif-là, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant offre une structure idéale : elle fixe des balises mais oblige à y réfléchir au cas par cas, ensemble autour de l’enfant, de préférence

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Les droits de l’enfants, formalisés par une Convention,… (5)

Posted by Françoise Guillaume on Samedi juin 15, 2013 Under Enfance

CIDELa Convention Internationale des droits de l’enfant, signée en 1989, concrétise l’enfant imaginaire de nos sociétés nouvellement démocratiques, chaque jour plus libérales et individualistes. En ce sens, elle est parfaitement adaptée à l’idéal collectif qui s’est installé depuis trente ans environ.

Parallèlement, au milieu des années 80 s’amorce le nouveau chemin, moins simple que prévu : les théories de l’attachement montrent l’importance énorme de la qualité des soins donnés par la mère à son bébé, le concept de parentalité met l’accent sur la responsabilité des parents à assumer leurs tâches, non clairement définies mais déterminantes pour l’avenir de leurs enfants.

Et c’est alors que la notion de droits de l’enfant apparait comme complexe, plus complexe que prévu ! Elle englobe, sans bien les distinguer, les droits-créances (droits à… l’éducation, les soins,…) et les droits-libertés (droits de s’exprimer, d’être entendu… ou même de s’associer!), laissant bien floue la place de l’éducation.

Car, sortant d’un système strictement organisé, il est bien difficile de définir d’autres modes d’éducation qui préservent la personnalité de l’enfant, de chacun des deux parents, qui introduise l’enfant à la société comme être unique mais aussi comme un parmi les autres, qui donne à cet adulte en devenir toutes les compétences qu’il faut pour vivre en adéquation avec les idéaux projetés (par lui, par ses parents, par la société). Vaste programme !

Avant qu’on ait eu le temps de voir venir la question, les situations problématiques se sont multipliées, même si elles sont loin de l’être toutes comme voudraient nous le faire croire les Cassandre qui exploitent les angoisses contemporaines : les enfants-rois qui deviennent des adultes désabusés et/ou incapables de s’adapter à une réalité incontournable, les ados qui cherchent dans la fusion avec leurs pairs, l’étayage essentiel qu’ils ne reçoivent plus de la société… Tout cela sous l’œil incrédule des parents qui, issus de mai 68, avaient cru que cela ne leur arriverait jamais puisqu’ils étaient la  génération de la parole, de la liberté et de l’autonomie!

Aujourd’hui, on commence à mesurer l’ampleur de la tâche, sans toujours nuancer suffisamment. Prenons un seul exemple : il est de bon ton aujourd’hui de dire et de répéter qu’il faut faire respecter des limites aux enfants, que ces limites les aident à se construire, que la frustration permet l’avènement de la pensée,… Certes, mais ici aussi un discours réducteur ne suffit pas.

Il apparait maintenant comme clair que ce retour en force de la notion de « limites » ces dernières années (d’ailleurs jamais vraiment disparues du champ de l’école ou de l’institution) ne s’accompagne pas suffisamment de ce « chemin de parole » qui aide à ce qui la limite se construise de l’intérieur et que le comportement de l’enfant et de l’adolescent ne se réduise pas à une succession d’attitudes juxtaposées sur le principe de base du stimulus-réponse qui façonne sans doute des être qui ont l’air bien policés mais qui sont en fait souvent morcelés et incapables de cohérence à long terme dans leur attitude. Ce « chemin de parole » est d’ailleurs le garant que celui qui met les limites respecte une cohérence indispensable, même si elle lui est propre, ou plutôt si elle n’est limitée qu’au seul champ de la famille, par exemple.

Ceux qui espèrent qu’un retour à une situation d’antan résoudraient tous les problèmes en seront pour leurs frais ; la route vers de nouveaux modèles d’éducation est encore longue !

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Sans commentaire, écoutez tout!
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PS, le commentaire d’Anouk, “remonté” et avec l’image:

Dans le même ordre d’idée, cette campagne d’affichage à Chicago pour attirer l’attention des garçons sur le fait qu’ils ont reponsables de leur éventuelle paternité

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Les droits de l’enfants (4)

Posted by Françoise Guillaume on Samedi juin 1, 2013 Under Enfance

enfant pauvreLe droit à avoir un niveau de vie suffisant

« J’ai un retard de paiement, j’ai payé l’étude mais j’ai oublié 5 euros. C’est marqué que mon fils doit marquer 200 fois que maman a oublié de payer. J’ai dit à mon fils qu’il ne va pas écrire, je lui ai donné 5 euros à donner le lendemain et si elle te dit quelque chose, tu viens me le dire. J’ai dit à mon fils de dire à la dame que ce n’est pas sa faute mais de ma faute à moi, c’est moi qui ai oublié. Il est revenu, et a dit qu’elle a dit que c’est à moi d’écrire 200 fois que j’ai oublié de donner l’argent à mon fils.»

« Les parents en difficulté ont des enfants qui ne terminent pas leurs études à cause des problèmes de sous et qui deviennent des adultes précaires. C’est l’abonnement, la chaine sans fin. Il faut casser cette chaine pour que les enfants s’en sortent, briser la spirale. Qu’on arrête le processus, qu’on casse l’engrenage et qu’on puisse enfin être utile à la société ! »

Ces extraits sont tirés d’une étude, menée sous la direction du Délégué au Droits de l’Enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette étude a la particularité d’être basée sur une participation des principaux intéressés à qui la parole est donnée pour une écoute active, ce qui en soit mérite d’être souligné car il est frappant de constater que trop souvent, les dispositifs d’aide mis en place sont construits à partir de ce que ceux qui les inventent, imaginent de ceux qui en bénéficient, aucune écoute préalable n’étant assurée.

Des solutions simples à des problèmes concrets sont proposées dans le rapport. Par exemple, que les contacts avec les services sociaux puissent s’opérer téléphoniquement car se déplacer est couteux. Ou que les aides pour les classes vertes ne doivent pas faire l’objet d’une avance par les familles déjà démunies qui doivent mobiliser de l’argent qu’elles n’ont pas. Ou prévoir des mécanismes qui assurent que les « travailleurs pauvres » trouvent un bénéfice à quitter l’aide sociale : les frais (transports, garde d’enfants,…) coutent plus cher que la différence d’argent perçue !

L’école a, dans ce cadre une responsabilité particulière : dans les questions d’organisation, il faudrait systématiquement prévoir une caisse de solidarité pour les sorties scolaires, par exemple. Dans chaque école (ou groupe d’écoles pour les plus petites d’entre elles), il devrait y avoir un gestionnaire qui ne s’occupe que des questions d’argent. Jamais l’argent ne devrait transiter par l’enfant. Il faut renoncer à l’efficacité de ce moyen de paiement, au nom des droits de l’enfant !

Il est évident que ces principes sont plus faciles à énoncer qu’à mettre en œuvre quotidiennement et pourtant, tout doit tendre vers cela : les 200 lignes à l’enfant ou à la maman marquent un enfant à jamais, l’assignent dans une position humiliante de pauvreté, le forcent à intégrer une position sociale dont il ne pourra peut-être jamais sortir de sa vie. Cette responsabilité-là, les écoles devraient y penser tous les jours !

Et puis, surtout, il faut élargir cette analyse. La pauvreté est souvent vue comme un concept purement économique, comme un manque de biens, de ressources. Or « le plus dur, ce n’est pas de vivre sans rien, c’est d’être considéré comme rien ».

« Les tenants de cette approche économique considèrent que pour que les individus « retrouvent une place dans la société », il ne reste plus qu’à sécuriser la précarité par une couverture médicale généralisée, par des emplois aidés, et garantir un droit au logement. C’est d’ailleurs la priorité absolue d’une large part des états européens, dont la Belgique, qui organisent des systèmes de lutte contre la pauvreté axés sur des aides aux revenus des ménages à travers des prestations universelles ou ciblées, une meilleure intégration des parents sur le marché du travail et un soutien au développement des enfants. Cette manière de penser la pauvreté et l’organisation concrète des systèmes d’aide qui en résulte ne laisse aucune place au vécu, à la conscience des personnes et à la réalité des rapports sociaux. Elle rend, du coup, caduque tout autre savoir qui viendrait contester ou contredire la référence économique érigée en dogme. Et rend inutiles et inexploitables  «d’autres savoirs possibles c’est-à-dire des informations, des représentations, des schémas mentaux, issus de la misère et des stratégies de vie ou plutôt de survie mises en œuvre dans un univers dur et impitoyable. Entendons-nous bien : nous ne contestons en rien l’intérêt de lutter pour que des groupes sociaux en voie de désaffiliation ne « décrochent » pas par rapport à la civilisation du travail et aux protections qui la caractérisent. Nous disons que l’approche ne peut pas se cantonner à cette dimension. » (p.35 du rapport cité ci-dessus)

La première question à se poser est : « comment sortir de la logique totalitaire de la société de consommation ? ». On sait  que la pression est telle que les familles défavorisées s’endettent pour s’acquitter de ce qu’elles estiment être leur devoir vis-à-vis de leurs enfants.

Comment arriver à sortir de l’engrenage consumériste dans laquelle notre société entière s’enfonce comme inexorablement ? Comment faire valoir l’idée que la qualité de l’existence ne se mesure pas à l’aune de l’avoir ? Certains nous montrent bien le chemin, par exemple les adeptes de la décroissance  ou de la « simplicité volontaire ». Mais ils restent ultra-minoritaires et presque tous entrent dans cette démarche volontairement ; ils adhérent à ces modes de pensée suite à un long cheminement non forcé.

Comment briser le miroir aux alouettes dont la publicité nous gave tous les jours ? Comment en protéger les enfants (ceux des classes les moins favorisées y sont le plus exposés, entraînant la spirale infernale de la frustration et du sentiment de pauvreté) ? Comment peut-on faire en sorte que ces  mouvements de retrait volontaire se généralisent et touchent donc aussi ceux qui ont moins de moyens qui se sentiront ainsi (peut-être) moins exclus ?

Le caractère fermé et transgénérationnel de ces questions frappe à la lecture de ce rapport et il nous apparait comme évident que, à côté du droit à avoir un niveau de vie suffisant, il faudrait être plus explicite sur le fait que le droit à l’éducation comprend nécessairement un volet important de formation à un regard critique sur la société.

Il est clair que le rôle de l’école est là aussi déterminant : la transmission, l’apprentissage, ce n’est pas seulement la lecture, l’écriture, le calcul, c’est aussi apprendre à regarder le monde avec recul et lucidité, ce qui est à entrainer dès le plus jeune âge, au niveau des enfants, en fonction de ce qu’ils apportent de leur perception de l’actualité, de ce qui se passe dans la cour de récréation,… L’enseignant a pour devoir de décortiquer les pièges de la publicité, de décrypter les images de la télévision qui défilent tous les jours devant les yeux des enfants. Ce processus ne peut pas relever d’une mécanique de la compétence et/ou des savoirs mais doit s’apparenter à une prise en main active du monde, à une forme de pensée permanente sur la société. Et cette pensée commence à s’élaborer dès que l’enfant parle !

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