Dépister, diagnostiquer, traiter…
Poster par Françoise Guillaume le Samedi avr 24, 2010 sous Chroniques
Dépister pour prévenir, tel est le mot d’ordre aujourd’hui. Dans une société qui produit des plus en plus de normes (pas les mêmes normes qu’auparavant, mais des normes: l’âge où il faut marcher, parler, lire; l’allaitement maternel; les comportements attendus dans les relations avec les autres: trois exemples parmi mille autres), il y a, mécaniquement, de plus en plus d’écarts à ces normes, souvent qualifiés de troubles. Qui dit troubles, dit remédiation ou médication qui seraient des solutions simples et des traitements rapides, “qui donnent des résultats”.
Voici l’outil qui correspond à ce processus “efficace”: le Dominic interactif.
Une petite explication:
“Le Dominique interactif est un questionnaire informatisé auto-administré, basé sur la symptomatologie de l’axe I du DSM-IV, qui permet une appréciation des tendances aux sept problèmes de santé mentale les plus fréquents chez les enfants. Parmi les troubles intériorisés, il s’agit 1) de la phobie simple, 2) de l’angoisse de séparation, 3) de l’hyperanxiété et anxiété généralisée, 4) de la dépression simple et dysthymie. Parmi les troubles extériorisés, il s’agit 5) de l’hyperactivité avec déficit de l’attention, 6) du trouble d’opposition et 7) des troubles de conduites. L’instrument a été spécialement conçu pour les élèves du primaire et donne, en 10 à 15 minutes, une lecture des tendances de l’enfant aux sept problèmes de santé mentale. Il contient également une échelle de forces et de compétences qui identifie des comportements positifs. L’instrument a initialement été développé pour une utilisation en entrevue individuelle auprès d’échantillons cliniques.” (source: ici)
Pour savoir ce qu’est (a minima) l’axe I du DSM IV, lire ici (y compris controverse, à la fin)
Oui, vous avez-bien compris: pour apprécier les tendances aux troubles mentaux, on met l’enfant devant un ordinateur et on lui demande de répondre à quelques questions où il s’identifie à un personnage, Dominic. La version, commerciale évidemment, existe dans plusieurs langues et est adaptée à plusieurs cultures.
Mais où donc est l’humain dans tout cela? Comment peut-on croire que ce n’est pas par l’observation de l’enfant dans de nombreuses activités que l’on peut cerner une éventuelle difficulté avant de (ou à la place de) dépister un trouble? Comment des humains peuvent-ils croire que ce n’est pas dans l’humain, et quasi exclusivement dans l’humain, qu’ils peuvent aider des “petits humains” à être eux-mêmes, tout en intégrant peu à peu la communauté globale?