Observer, écouter, comprendre,accompagner
Poster par Françoise Guillaume le Samedi mai 8, 2010 sous Une touche d'optimisme
Voilà un livre qui donne envie d’espérer. Espérer que l’on commence à dépasser les clivages stériles, voire destructeurs, dans lesquels voudraient nous cantonner les experts de tous bords. Comme ceux qui obligent à cataloguer les jeunes dans des catégories comme “victime” ou “délinquant”. L’auteur nous donne plusieurs exemples où la double vision s’impose.
Et avec elle, une approche un peu moins dichotomique des jeunes “à problème”. L’ouvrage décline plusieurs lieux de vie où évoluent ces jeunes. Il pose plus de questions qu’il n’y répond mais c’est très bien ainsi.
Il propose surtout une approche plus globale de l’aide à ces jeunes. “Se positionner dans la relation clinique, c’est d’abord prendre conscience de sa position dans le monde. La façon de se positionner dans le monde influence directement les postures cliniques qui, elles conditionnent l’efficacité de la relation clinique.” (p.122)
Dépassant la querelle des psys qui misent tout sur la parole (alors que certains jeunes souffrent justement de ne plus croire en aucune forme de parole) et des neuro… qui fournissent une explication biologique (et donc un remède de même type) à tout problème, Daniel Derivois propose un nouveau concept, plus ébauché que complètement cerné dans l’ouvrage: “Nous tendons vers une clinique de la mondialité qui suppose un décentrage nécessaire. Les cliniciens (…) n’ont pas le choix. Ils doivent composer avec la complexité clinique et la mondialité dans leurs pratiques et leurs démarches d’élaboration, de compréhension, d’interprétation et de restitution du travail effectué avec leurs “patients”.
Les cliniciens de demain seront ceux qui, tout en se situant et se pensant dans le même monde que leurs “patients”, saurons écouter en eux le mondial dans l’intrapsychique et co-sentir l’intime dans le global. Ce seront ceux qui sauront entendre et écouter les battements du monde dans chaque mot, chaque geste, chaque souffle survenu dans la relation clinique. Ce seront ceux qui sauront d’abord se penser, pour ensuite penser les patients et les aider à se penser avant tout dans l’environnement monde.” (p.139)
Quel programme! On sent bien qu’il est ambitieux et encore trop imprécis et cependant, il rejoint la conviction qui monte chaque jour en moi, que c’est dans la qualité de la relation humaine, dans l’engagement (professionnel) que l’adulte y investit, que l’on tisse avec un adolescent des liens tels qu’il peut, parfois par-devers ou supplémentairement à des thérapies spécifiques, prendre pied dans le si complexe monde actuel!
mai 11th, 2010 at 19:21
Merci Fançoise pour ce billet, c’est intéressant de lire ton point de vue, son livre était présenté ce we au colloque!
Tes notes me poussent à la réflexion et c’est un réel de plaisir de découvrir ici tes analyses pertinentes sur notre société.
A bientôt.
Cristèle