Mini-miss, maxi-marché?

Poster par Françoise Guillaume le Samedi déc 4, 2010 sous Chroniques

Trois vidéos: une courte qui présente la situation, deux longues qui analysent toutes les composantes: des fillettes qui “aiment les robes de princesse”, les mères ou grand-mères qui laissent faire ou concrétisent leurs propres rêves d’enfant, les “évènementiels” qui étendent le bon filon des miss adultes, le psy qui évoque les répercussions potentielles sur le psychisme (bien mieux développées dans un texte de YAPAKA), la sociologue qui parle avec justesse d’une assignation à une féminité très travaillée, d’érotisation des enfants,… Et où, en prime, l’art est convoqué pour justifier l’injustifiable!

Un élément m’a semblé particulièrement frappant:  la négation de la sexualisation des petites filles. Dans le débat, plusieurs fois, les organisateurs insistent: “les petites filles ne peuvent pas être maquillées, elles doivent être naturelles”. Il suffit de regarder la manière dont elles défilent (le déhanchement, les poses, les sourires) pour en apprécier le naturel! Tout dans les actes et dans le discours accrédite l’idée que la beauté, le charme “travaillés” sont des atouts indéniables pour les petites filles.

Il est certes beaucoup d’endroits (surtout dans nos sociétés) ce l’est. Mais pas tous, en tout cas pas n’importe comment… Je me rappelle avoir engagé une jeune enseignante qui me semblait réunir toutes les compétences voulues. La seule réticence: “pourvu qu’elle ait un rapport clair à  son potentiel de séduction” (ce qui était effectivement le cas). Si non, c’était mal parti pour travailler avec des ados…

La mise en avant de cette séduction, présentée comme étant une caractéristique incontournable des filles, a des effets qui ne sont pas réservés aux seules mini-miss. Ces spectacles sont  médiatisés, ils sont l’objet de conversations dans les cours de récréation. Les conséquences portent donc sur un grand nombre de filles (et par rebond sur les garçons qui les entourent): “pourquoi est-elle suffisamment jolie, a-t-elle des parents qui veulent bien, qui l’aident,…? Alors que moi,…”

En terme de socialisation, que de dégâts! Tout cela pour que de nouveaux marchés s’ouvrent et  permettent à des adultes d’amasser de l’argent sous prétexte de répondre à une demande. Et ce n’est ni la sociologue ni le psy qui les feront changer d’avis.

Par dessus-tout, il en ressort l’impression d’une société où tous les points de vue peuvent se défendre, toutes les attitudes (ou presque) se comprendre, sans que rien ne puisse venir perturber la machine à consommer, à créer des images et des rêves factices, qu’est devenue notre société.

D’où peut venir le changement?


Mini Miss (1ère partie)
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minimisspart2
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