Erotisation de l’enfance
Poster par Françoise Guillaume le Samedi mai 3, 2008 sous Chroniques
Interdite…
Interdite, je l’ai été quand j’ai découvert cette pub, il y a presque 3 ans déjà !
G., le magasin des uniformes scolaires des écoles de mon enfance… 40 ans plus tard, le nom était resté bien gravé. Non que j’ai été traumatisée par le rigorisme qui était encore de mise dans certains établissements à l’époque (une vieille sœur avec sa latte à la main à l’entrée de la classe pour mesurer si la largeur des plis de la jupe était bien réglementaire !). Mais G. est synonyme de rigueur, d’austérité, de discipline.
Alors que la pose de cette petite fille est tout le contraire. Malgré l’uniforme, l’image de cette enfant est, il n’y a pas d’autre mot qui convient, érotisée, sans doute à cause du déhanchement figé par l’objectif. On n’a plus affaire à une écolière à la veille de la rentrée mais à une lolita qui veut aguicher et séduire.
Sans doute n’y a-t-il là aucune malice. Si ce n’est que, dans la tête des publicitaires, l’ambiguïté du message ne peut être que source de pulsion, pulsion qui incite à l’achat, y compris quand l’école n’oblige pas à l’uniforme. Titiller la pulsion, voilà bien le ressort de base de la société de consommation…
Interdites, de telles images devraient-elles être interdites ? Impensable, évidemment, on crierait au scandale, à la censure, à la pudibonderie ! Mais les publicitaires et leurs commanditaires ne pourraient se poser des questions avant de jouer sur de tels ressorts ? La banalisation de l’érotisation dans nos société est un fait (dont il y aurait beaucoup à dire), mais elle peut trouver des limites !
Car, à associer érotisme et enfant, à ne pas vouloir comprendre une fois pour toutes que la sexualité des adultes n’a rien à voir avec la sexualité infantile décrite par Freud (Trois essais sur la théorie de la sexualité), on finit par entretenir le doute dans le chef de ceux qui ressentent déjà des pulsions sexuelles vers les enfants et qui ont parfois le plus grand mal à faire la part entre le fantasme et la réalité. La société a une part de responsabilité dans l’accroissement manifeste de cas de pédophilie des dernières années. D’une part, elle sature l’espace social de scènes sensuelles, voire sexuelles. D’autre part, elle associe, certes plus subtilement, les enfants à cette surcharge de messages dont l’effet sur la pulsion est indéniable.
Dans le même ordre d’idée, si pas dans le même registre, jetez donc un œil sur la vidéo suivante :
De l’humour d’un goût douteux, mais significatif de l’air du temps !
Que ce soit pour faire rire ou vendre, peu importe, redonner une vraie place d’enfant aux enfants, voilà qui est plus important que jamais en ces temps où règne le trouble sur leur place dans la société.
